chaire du louvre - page 2-3

Le Louvre propose un rendez-vous
annuel dédié à la recherche en
archéologie et en histoire de l’art.
Sur un sujet original lié aux
collections du musée, un historien
de renom présente à l’auditorium
une réflexion inédite, qui donne
lieu à des rapprochements
transdisciplinaires entre des œuvres
du monde entier. À la fois exposés
savants, causeries ouvertes
au grand public et rencontres avec
des personnalités exceptionnelles,
ces cycles de conférences
font l’objet d’une publication
qui permet d’approfondir
et de conserver leurs apports.
Pour la cinquième édition,
l’historien de l’art Georges Didi-
Huberman propose d’interroger
la notion du «Musée imaginaire»
d’André Malraux à travers les champs
– imaginaire, matériel, littéraire,
esthétique et politique – dans
lesquels elle s’est épanouie,
jusqu’à former aujourd’hui
notre inconscient culturel.
Avec le soutien
des laboratoires Septodont
et de leur président
Henri Schiller
, mécène
fondateur de la Chaire du Louvre
Publication
L’Album de l’art à l’époque
du «Musée imaginaire»
Georges Didi-Huberman
éditions Hazan, 25 €
La Chaire du Louvre
Quelle peut être, aujourd’hui, la valeur d’usage de la grande idée
de «Musée imaginaire » introduite par André Malraux dans le domaine
– pratique, historique et théorique – des arts visuels ? Panthéonisée,
«pléiadisée », l’œuvre de Malraux appartient incontestablement à notre
paysage culturel et, cependant, elle semble aujourd’hui trop peu interrogée
– que ce soit pour l’utiliser ou pour la contester – dans les domaines de
l’esthétique et de l’histoire de l’art, voire dans celui de la politique culturelle.
Revenir aux enjeux du
Musée imaginaire
n’est rien d’autre, au fond,
qu’interroger notre propre « inconscient culturel », c’est-à-dire aussi
notre inconscient littéraire, artistique, philosophique, politique…
Il y va de notre idée de l’art «mondial » et de nos usages du patrimoine.
Il y va de la relation que nous pouvons établir entre une œuvre d’art
et une image de l’histoire. Dans cet « inconscient culturel » coexistent
les audaces bien pensées et les replis bien-pensants, les prises de position
très expérimentales (Malraux homme de terrain, maquettiste,
iconographe, monteur d’images) et les positions très établies (Malraux
écrivain officiel, ministre de la Culture). C’est une histoire qui commence
dans les années vingt et trente, lorsque l’auteur de
L’Espoir
découvre
la revue
Documents
, les montages d’Eisenstein ou les thèses de Walter
Benjamin sur la reproductibilité de l’art. Elle se poursuit dans les années
quarante et cinquante au fil de débats avec Georges Duthuit,
Maurice Blanchot ou Maurice Merleau-Ponty. Elle se conclut
dans une confrontation avec l’avant-garde cinématographique
dont le film
Les statues meurent aussi
, d’Alain Resnais et Chris Marker,
constitue sans doute un épisode des plus symptomatiques.
L’Album de l’art à l’époque
du «Musée imaginaire»
Georges Didi-Huberman
Président-directeur
du musée du Louvre :
Jean-Luc Martinez
Directeur de l’auditorium :
Jean-MarcTerrasse
Coordination scientifique
de la Chaire du Louvre :
Monica Preti
assistée d'Isabelle Haquet
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