Trajectoire_2025
Le Louvre avance Bilan d’activité - 2025 18 Mieux comprendre les éléments de la chapelle des Commynes De la chapelle fondée en 1509 par Philippe de Commynes dans l’église des Grands-Augustins à Paris nous sont parvenus les priants de l’historien et de son épouse, Hélène de Chambes-Montsoreau, posés sur un sarcophage à leurs armes, le gisant de leur fille et une vingtaine de fragments architecturaux ornés d’un décor « à l’antique » à la riche iconographie tant religieuse que profane. Ces éléments ont fait l’objet d’une étude et d’une res- tauration de 2021 à 2025 : les deux priants de pierre polychromée, repeints au 19 e siècle et profondément encrassés, ont retrouvé leur harmonie colorée. Le gisant d’albâtre, très érodé, a été nettoyé, et d’anciennes interventions formelles reprises. Le sarcophage et les éléments d’architecture en pierre, salis et tachés, ont retrouvé une teinte homogène. Au-delà de cette amélioration esthétique, cette inter- vention a permis d’examiner les éléments architectu- raux avec les restauratrices, des tailleurs de pierre et un comité scientifique afin de tenter de comprendre la disposition originelle de cette chapelle, qui a résisté jusqu’à présent aux investigations. Les premiers résultats de cette recherche ont été pré- sentés en octobre 2025 lors des journées d’études consa- crées à «La restauration de sculptures monumentales de la Renaissance française » par le Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours, en marge de l’exposition «Renaissance d’une œuvre. La Vierge à l’Enfant de Michel Colombe », au musée de cette ville. La redécouverte de la Prise de Constantinople par les croisés de Delacroix. Une restauration in situ et à vue du public Depuis 2019, les chefs-d’œuvre de Delacroix connaissent une véritable renaissance grâce à une campagne de restauration sur le temps long rendue possible par le mécénat de Mme Ealet-Corbani, en plus de la subvention de l’État. Un grand chef-d’œuvre de la maturité En 1838, Eugène Delacroix reçoit la commande d’une grande peinture pour compléter le musée historique inauguré un an plus tôt au château de Versailles. Il est chargé de peindre l’épisode le plus violent de la quatrième croisade: la prise de Constantinople par les croisés. Partis en 1202 de Venise en direction de Jérusalem, les chevaliers croisés ont dévié de leur but et, en avril 1204, ils ont assiégé et pris d’assaut Constantinople, la capitale de l’Empire byzantin, afin de la piller. Delacroix peint le moment où les chefs croisés, issus de la noblesse française et flamande, mettent bruta- lement à sac les plus riches maisons de la ville. Le tableau est achevé en 1840 et installé au château de Versailles. Il y reste jusqu’en 1885, date à laquelle une copie le remplace. Considéré comme un chef- d’œuvre de la maturité de l’artiste, l’original est alors déplacé au musée du Louvre où il est, depuis lors, présenté au public.
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