Trajectoire_2025
17 Bilan d’activité - 2025 Le Gladiateur Borghèse : l’harmonie révélée d’un monument de la sculpture antique romaine Chef-d’œuvre de la collection Borghèse et l’une des pièces maîtresses de la statuaire grecque du musée du Louvre, le Gladiateur Borghèse a fait l’objet d’une nouvelle restauration en 2025. Question à Anne Liégey, restauratrice, et à Ludovic Laugier, conservateur au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines Comment s’est déroulée la restauration du «Gladiateur Borghèse» qui a eu lieu en mai 2025 dans la salle des Caryatides ? Le Gladiateur Borghèse constitue un monument de l’histoire des collections d’antiques comme de l’histoire du goût. La statue, découverte en 1609 à Anzio, puis restaurée par Nicolas Cordier peu avant 1611, a été le fleuron de la villa Borghèse sur la colline du Pincio, à Rome. Là, elle fut gravée, copiée et bientôt l’élan dyna- mique de sa silhouette peupla tous les parcs et jardins royaux d’Europe, toutes les académies des Beaux-Arts. Napoléon I er conçut le projet d’acquérir à grands frais la collection d’antiques de son beau-frère, le prince Camille Borghèse. Affaire conclue sous la conduite de Vivant Denon, en 1807, pour une somme faramineuse. La statue en marbre du Pentélique, signée Agasias d’Ephèse, datée vers 100 avant J.-C., a été restaurée une première fois en 1995. Une campagne d’exa- mens et d’analyses avait alors été conduite pour connaître l’état des goujons métalliques permet- tant de fixer les différents fragments de la statue, ainsi que le bras droit, moderne. Toute la surface de la statue avait été scrutée pour y repérer, en vain, d’éventuels vestiges de polychromie antique. Mais avec les décennies, les joints entre les différents fragments s’étaient de nouveau encrassés tandis que la surface du marbre semblait voilée, malgré un entretien régulier. La restauration de 2025 a été précédée d’un examen complet de l’œuvre sous loupe binoculaire, sous ultraviolet, ainsi que sous luminescence infrarouge, méthode inconnue en 1995. Ces diverses méthodes d’observation ne révélèrent pas davantage de trace de polychromie. Un nettoyage léger a suffi à restituer une bonne vision du marbre. Surtout, l’ensemble des joints a été entièrement régénéré, repris au mortier chargé de poudre marbre. Les volumes comme les surfaces de la statue retrouvent ainsi leur harmonie, sans solution de continuité. Les nombreuses concrétions laissées à la surface du marbre, liées à son enfouissement durant des siècles, étaient retouchées au 17 e siècle, comme à l’accoutumée. Rien n’avait été fait dans ce sens en 1995. En 2025, leur visibilité a été atténuée par des retouches à l’aquarelle, parfaitement réversibles, pour améliorer la lisibilité de la musculature et de la pose héroïque du gladiateur.
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