Trajectoire_2025
Le Louvre avance Bilan d’activité - 2025 16 Le mot de Guillaume Faroult, conservateur au département des Peintures «La restauration du “Panier de fraises” réalisée dans les ateliers du C2RMF a permis de retrouver la très grande vivacité des coloris souhaitée par Chardin et de donner un nouvel équilibre en révélant notamment l’éclat des œillets blancs au premier plan, le jeu entre des couleurs chaudes et les couleurs plus fraîches, les nuances subtiles du traitement du fond et, bien sûr, la très grande variété des couleurs qui assurent la structure de la pyramide de fraises. » La lumière retrouvée du Transport du Christ vers le tombeau de Titien Titien peint Le Transport du Christ vers le tombeau vers 1520 lors de son séjour à Mantoue. Le tableau demeure dans les collections des Gonzague jusqu’en 1627, date à laquelle il est acheté par Charles I er d’An- gleterre. En 1649, lors de la dispersion des biens du roi après son exécution, il est acquis par Everhard Jabach, banquier et collectionneur allemand installé à Paris. Ce dernier le cède à Louis XIV en 1662. À la Révolution, il passe des collections royales à celles du musée du Louvre. Appelé parfois aussi La Mise au tombeau , ce tableau a été au 19 e siècle l’une des œuvres les plus admirées du musée et inspira Delacroix. En 2024, l’importante oxydation des vernis a motivé la décision d’une nouvelle restauration. L’intervention réalisée avec le C2RMF a débuté par une phase de tests visant à déterminer la méthode à employer pour l’allègement des vernis et l’élimination des repeints anciens. Après nettoyage, les retouches de la couche picturale se sont limitées à atténuer les usures pour rééquilibrer la palette. L’œuvre a retrouvé une par- faite lisibilité : le résultat est spectaculaire. Les coloris originaux, clairs et lumineux sont révélés, tel le blanc éclatant du linceul ou le bleu lapis intense du ciel et du manteau de la Vierge. La gamme colorée riche et contrastée restitue la profondeur et le dynamisme de la composition. L’intensité dramatique de la scène est soulignée par le traitement très original de la lumière. On perçoit mieux la manière virtuose et variée de Titien, qui traite de façon différente les visages ou les drapés, allant jusqu’à une touche « impressionniste » sur le revers du manteau de Nicodème. Le mot de Vincent Delieuvin, conservateur au département des Peintures «L’artiste a l’idée novatrice et géniale de plonger dans l’ombre le buste et la tête du principal protagoniste, amplifiant ainsi l’effet dramatique. Dans ce contraste vibrant d’ombre et de lumière, la mort cohabite déjà avec la promesse de la Résurrection. Titien imagine pour cela une symphonie de blancs incarnant la transition de la mort à la vie. Dans l’ombre, les blancs grisés, et dans la lumière, toute une gamme de plus en plus étincelante qui culmine avec le linceul immaculé.» «Le Transport du Christ vers le tombeau» de Titien après restauration, détail
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