Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
96 Louvre, les collections du département portent cette transversalité entre départements en elles; d’autre part, par le positionnement chronologique du département à la croisée entre départements archéologiques et départements modernes, et des collections recouvrant, par leur période et leur technique, les deux types de collections par ailleurs si souvent séparées au Louvre; enfin, par le projet muséographique des nouvelles salles du département, qui ont tenté de construire des transversalités au sein même de l’aire géographique importante que couvre le département, et avec les autres départements, que ce soient les départements archéologiques (notamment via les salles OMER) ou les départements modernes. La complexité relative de ces nouvelles salles montre toute la difficulté de la transversalité au sein du Louvre; • les salles du département des Objets d’art consacrées au 18 e siècle: l’exemple des nouvelles salles du département peut être utile, non seulement pour la question stricte des transversalités (ou du moins d’une manière de transversalité), mais aussi pour la réception (en ce cas très favorable) par le public. Un des enjeux majeurs en effet (au-delà de la nécessité de présenter à nouveau au public des collections pratiquement invisibles depuis près dedix ans) était de les placer au cœur d’une réflexion plus générale sur les arts décoratifs: comment redonner aux arts décoratifs du 18 e siècle une visibilité au sein des collections du musée, comment les rendre plus compréhensibles et permettre au public de mieux les apprécier et comment les inscrire au centre d’une dynamique propre aux arts somptuaires et aux arts décoratifs. Les nouvelles salles ont apporté leur réponse. Elle repose, en particulier, sur une remise en contexte des œuvres à l’aide des décors (boiseries et étoffes) des «Period Rooms» et du jeu des couleurs (dont l’évolution entre la fin du règne de Louis XIV et celle du 18 e siècle renforce la perception de la présentation chronologique), mais aussi sur l’apport visuel très fort d’œuvres issues d’autres départements ou sorties d’autres institutions pour mieux replacer les collections du département sur le plan historique, ou encore pour exprimer les origines et l’émergence d’un style nouveau (collections d’antiques de Craufurd, d’Orsay et Dufourny liées au Grand Tour pour le néoclassicisme). Si cette expérience de transversalité a démontré toute sa pertinence, elle montre aussi ses limites par l’absence de liens physiques avec, d’une part, les salles consacrées au 17 e siècle et, d’autre part, celles consacrées au 19 e siècle. Enfin, au sein même des départements, des transversalités ont parfois été créées, afin de donner à voir des liens entre des œuvres, des collections : rapprochements entre les objets d’art du 19 e et les appartements Napoléon III, rapprochement de la peinture du Nord et de la peinture française, présentation dans les salles du rez-de-chaussée de la civilisation – et non plus seulement de la sculpture – grecque mêlant les terres cuites, les bronzes et les céramiques qui relèvent de disciplines propres et sont présentées en tant que telles au premier étage. Des pistes de travail Afin d’approfondir ces réflexions et de définir ce vers quoi le Louvre pourrait, et devrait aller en matière de transversalités dans les prochaines rénovations de salles, et en parallèle du travail à mener sur les parcours, une réflexion interne a été entamée en 2013 dans les départements. Elle s’articule autour de la création de plusieurs groupes de travail, destinés à faire un état des lieux des difficultés des parcours, et à définir dans quels cas des «passerelles » pourraient être créées. Les groupes suivants (qui se recoupent eux-mêmes partiellement) ont ainsi été suscités : • réflexions sur les collections de Rome et Byzance, dans la perspective de l’aménagement éventuel de salles consacrées à Byzance, mais aussi d’une meilleure compréhension du monde romain ; • réflexions sur une meilleure présentation du Moyen Âge, présent dans de très nombreux départements du Louvre et peu lisible, dans sa complexité, au Louvre ; • de même, réflexions sur les présentations au Louvre de la Renaissance, actuellement très éclatée dans le Palais ; • réflexions sur la présentation du 17 e siècle dans les collections du Louvre ; • réflexions sur la présentation du 18 e siècle dans les collections du Louvre ; • réflexions sur la présentation du 19 e siècle dans les collections du Louvre ; • réflexion sur la meilleure intégration des arts de l’Islam dans le Louvre, notamment en lien avec les périodes précitées. Enfin, deux sujets particuliers devront également retenir l’attention des départements : la place des Tuileries dans les salles et dans l’histoire duLouvre, ainsi que le lien avec le musée Delacroix, qui devra être particulièrement traité dans la réflexion sur le 19 e siècle au Louvre, mais aussi dans le lien de l’artiste avec toutes sortes de domaines. Ces réflexions, si elles sont avant tout internes et serviront de base aux programmations de rénovation de salles à venir, intégreront également la dimension de lien du Louvre avec l’ensemble des établissements partenaires dans chacun de ces domaines.
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