Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

95 Louvre. Il s’agit aussi, symboliquement, de mettre un terme à l’illusion d’une visite unique du Louvre, antinomique avec l’histoire même du Palais et des installations des collections, non linéaires, et au contraire d’assumer la diversité des parcours possibles à travers les départements, en présentantmieux l’offre et en l’explicitant mieux. Ce chantier particulièrement complexe passe par plusieurs étapes. D’ici 2018 sera fait un état des lieux des parcours existants, afin d’analyser ceux qui posent particulièrement problème. La refonte du plan-guide distribué participera également de cette meilleure lisibilité. La réflexion à mener sur la numérotation des salles, actuellement complexe et répondant parfois à plusieurs logiques contradictoires, ainsi que sur leur dénomination, sera également l’une des étapes importantes de ce projet global. Enfin, une attention particulière sera accordée aux «seuils» entre les différents lieux du musée, et notamment entre les différents parcours: les passages d’un parcours à un autre, ou entre les séquences d’un même département (changement de zone géographique ou d’ère chronologique notamment) devront faire l’objet d’une réflexion particulière. Il s’agit à la fois d’une réflexion sur la signalétique, pour marquer le passage à une autre séquence (autre collection, autre salle, autre département), mais aussi d’une réflexion de fond: quel contenu doit être privilégié pour mieux marquer ces séquences (dates, cartes, vocabulaires…)? Cette dernière réflexion rejoint bien sûr le chantier de refonte de l’information culturelle, notamment en ce qui concerne la redéfinition des textes de salles, qui répondent également à ce besoin de clarification des transitions. Ce premier chantier s’inscrit directement dans la continuité de la rénovation de la signalétique d’orientation sous la pyramide, et se fera ainsi dans le même calendrier, avec un objectif de refonte pour 2016. Quelles transversalités pour rendre les parcours plus compréhensibles? Renforcer les transversalités interdépartements est l’une des autres solutions pour rendre les parcours du Louvre plus compréhensibles pour les publics ; il s’agit notamment de résoudre la «question des seuils» et de compenser la problématique de la répartition géographique dans le Palais parfois en contradiction avec les parcours. Comment rapprocher par exemple les collections médiévales entre elles, par-delà la répartition actuelle par département et par technique? Comment faire découvrir les innovations esthétiques de la Renaissance dans leur entièreté, en sculpture, peinture et dans les autres arts? Comment avoir une vision complète de la peinture du 17 e siècle enEurope, cette technique étant à l’heure actuelle divisée en trois groupes de salles, montrant les écoles italienne, française et nordique? Il s’agira donc d’intégrer ce type de questionnements dans le cadre de la refonte future des salles envisagées après 2018, dans une logique qui serve à la fois la lisibilité par les publics des parcours proposés, mais aussilescollections,enretrouvantcertainescohérences historiques et artistiques actuellement perdues. Des tentatives Plusieurs projets réalisés ont déjà permis de mettre en œuvre une plus grande transversalité: • les salles de l’Orient méditerranéen dans l’Empire romain (OMER): le parcours muséographique de l’Orientméditerranéendans l’Empire romain réunit des collections provenant des trois départements d’Antiques du Louvre en une présentation privilégiant une lecture transversale d’une époque. Il consiste en neufsalles, réparties sur 2000m², ouvertes en septembre 2012 au sud du département des Arts de l’Islam à Denon, dans les espaces bordant la cour Visconti. Il occupe trois niveaux: le rez-de-cour et en dessous, un niveau qualifié de mezzanine qui surplombe le parterre. Plus de 1000 œuvres d’époque romaine y sont présentées (près de 700 pour les antiquités égyptiennes, près de 300 pour les antiquités orientales, et environ 100 pour les antiquités grecques, étrusques et romaines). Des salles du circuit chronologique du département des Antiquités orientales (salles Sully 20-21) contiennent d’autres collections importantes d’époque romaine dont les sculptures de Palmyre ou du Hauran (en Syrie) restées dans le circuit chronologique du Levant pour des raisons pratiques de contraintes d’espace, et également une logique historique de présentation. La qualité des œuvres exposées et l’intérêt de cette démarche qui réussit à mettre en relation des collections partagées, jusqu’alors étudiées dans la logique interne à chacun des départements, rendent ces salles très importantes pour l’histoire du musée. Elles sont, cependant, à achever, la transversalité, à l’intérieur du parcours, et surtout le lien avec les salles des trois départements présents restant à consolider, comme leur relation avec les salles d’art islamique voisines; • le département des Arts de l’Islam, ouvert en 2012 et mitoyen de ces salles OMER, est également une tentative de transversalité à plusieurs titres. D’une part, par l’histoire même de ses collections: issues des collections du département des Objets d’art, des Antiquités orientales et reliées à l’histoire des collections asiatiques au

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