Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

94 leur répartition, en adéquation avec les nouveaux dispositifs de médiation définis pour l’établissement. Ce plan, qui s’appuiera sur l’expressiondes besoins des départements et fera l’objet de discussions annuelles en séminaire muséographique, doit en effet répondre à plusieurs préoccupations actuelles: • rénover les salles les plus anciennes du musée, en particulier celles qui n’ont jamais fait l’objet de rénovations dans les différentes étapes du projet du Grand Louvre comme les salles étrusques et romaines; • repenser les parcours de certains départements, soit pour les mettre plus en accord avec les avancées des connaissances en histoire de l’art et en archéologie, soit pour présenter d’autres pans des collections aujourd’hui mieux représentés, mieux étudiés qu’au moment des salles du Grand Louvre, ou simplement redécouverts; • favoriser, quand cela sera possible et pertinent, les transversalités entre collections, notamment pour rendre les collections plus lisibles, que ce soit par époques, zones géographiques ou par techniques. Ce plan décennal, qui devra prendre en compte la réflexion menée sur le PLUL, et donc respecter un bon équilibre entre espaces pour les collections et espaces pour les publics, doit faire l’objet d’un travail de plusieurs années au sein du Louvre, qui associera l’ensemble des services autour des conservations. Il s’agit d’une grande ambition, au service de la rencontre entre les publics et les collections, qui marquera une nouvelle étape dans l’histoire de la muséographie du Louvre, après la création des salles du Grand Louvre. C omment rendre les parcours plus lisibles ? LesparcoursdevisiteduLouvresontparticulièrement nombreux et complexes à appréhender pour les visiteurs. Ils constituent dans bien des cas un frein à une compréhension réelle des collections, notamment à l’acquisition de repères chronologiques, artistiques et géographiques. Faciliter la découverte des salles du Louvre passe donc par deux enjeux pour les années à venir, qui seront intégrés dans les refontes des salles à venir: d’une part, repenser l’intégralité des parcours de visites, d’autre part réfléchir aux possibilités de créer plus de transversalités entre les départements. Les difficultés à comprendre les parcours de visites, et à suivre des cheminements cohérents, viennent de différents facteurs: • la complexité même du Palais est le premier d’entre eux: il est parfois très difficile de concilier architecture et présentation des collections, et dans bien des cas, y compris les plus récents comme le département des Arts de l’Islam, les contraintes du lieu (niveaux, taille des salles…) imposent des constructions de parcours complexes; • l’histoire du lieu, avec des installations de collections, y compris dans le projet du Grand Louvre, parfois incohérentes les unes par rapport aux autres, ne contribue pas à la lisibilité de la succession des salles: certains enchaînements (par exemple ceux entre les sculptures et les objets d’art enRichelieu), ou certaines séparations (morcellement des peintures françaises, des sculptures entre France et reste de l’Europe dans deux ailes différentes, morcellement de périodes comme le Moyen Âge et la Renaissance) sont très difficiles à suivre et ne favorisent pas une transmission d’histoire et d’histoire de l’art; • ces deux éléments expliquent en partie la difficulté à expliciter les seuils entre les différents espaces du musée, à la fois entre les départements, mais aussi au sein d’un même département entre ses différentes séquences. Il s’agit là d’une problématique particulièrement importante qui devra être traitée en priorité; • la présentation par école dans les départements modernes, la séparation par matériaux de manière généraleempêchentsouventd’avoirunevisionglobale des aires de civilisations représentées au Louvre : le MoyenÂge, le monde byzantin, le monde antique du 1 er millénaire, les 17 e et 18 e siècles par exemple, sont dispersés à travers le musée, et il est complexe d’en donner aux visiteurs une vision globale. Ilnes’agitpasdereniertoutel’histoiredel’installation des collections dans le palais du Louvre, ni de rompre avec la logique des départements: recréer entièrement un Louvre permettant cette lecture transversale serait non seulement utopique, mais contestable. L’objectif est de trouver des solutions, de diverses natures, pour rendre toute cette diversité civilisationnelle et artistique plus visible, et de rendre mieux justice aux collections du musée. La refonte des parcours de visite Le Grand Louvre, à travers la création d’une entrée unique, d’une centralité, a créé l’illusionque leLouvre pouvait être découvert en une visite unique, sans pour autant que les parcours de visite, qui suivent un parti pris chronologiquedans les collections, soient repensés à partir de la pyramide. Cela génère donc aujourd’hui une grande complexité de compréhension pour les visiteurs. Afin de redonner plus de lisibilité aux parcours de visite du Louvre, l’enjeu est désormais d’achever la création de la pyramide en repensant l’ensemble des parcours de visite à partir de sa centralité; la création du centre d’interprétation du pavillon Sully, également central, permettra cette centralisation des parcours de visite vers les salles du

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