Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

139 L’action internationale du Louvre s’est fortement intensifiée et diversifiée depuis les années 2000. Elle prend la forme de fouilles notamment pour les départements dits «antiques» et de prêts d’œuvres et expositions à l’étranger pour l’ensemble des départements du Louvre. P rêts d ’ œuvres et expositions Le Louvre doit faire face au développement sans précédent des projets «hors lesmurs».Ces coopérations aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale le contraignent désormais à une gestion raisonnée de ces prêts et à être plus sélectif dans les examens des demandes de prêt. Le Louvre, comme tous les musées nationaux, ne pratique pas de location d’œuvres associant une valeur à un prêt. Il convient cependant d’opérer une distinction entre la location d’œuvres (système des loan fees) et les coopérations globales (expositions «clefs en main») impliquant la circulation des collections nationales et pouvant donner lieu à une contrepartie financière qui rémunère la «valeur ajoutée» scientifique et l’ingénierie culturelle associée. Les opérations de valorisation des collections qui relèvent de cette seconde démarche sont autorisées et même encouragées par le ministère dès lors qu’elles présentent toutes les garanties nécessaires. C’est ainsi que les expositions du Louvre à l’étranger sont parfois mécénées (principalement enAsie et enAmérique), ce qui permet de mettre en valeur le travail scientifique les accompagnant et d’équilibrer le financement d’autres projets ne bénéficiant pas de ce type de soutien. Pour autant, le musée du Louvre ne cherche pas à développer le nombre d’expositions susceptibles de générer des ressources propres. F ouilles Le Louvre doit réaffirmer son attachement à cette forme essentielle de collaboration scientifique qui touche à l’histoire même des départements antiques du Louvre comme du département des Arts de l’Islam et s’incarne dans leurs collections, dans une triple logique: • elles permettent unancrage sur le terrain très utile pour nouer des collaborations de long terme (ex.: les fouilles historiques en Égypte donnent lieu à des échanges réguliers avec les autorités égyptiennes et avec l’IFAO) ; • elles sont un moyen de compléter les connaissances sur les collections existantes au Louvre (ex. : fouilles à Gabies ou à Baouit)  ; • elles sont un moyen de mieux connaître ou de faire connaître des civilisations ou des périodes qui relèvent du périmètre des collections du Louvre mais qui en sont absentes ou mal représentées (ex.: fouilles d’el Muweïs au Soudan, fouilles de Paykend en Ouzbékistan, fouilles d’Apollonia enBulgarie, fouilles d’Orgamè en Roumanie): ce travail scientifique devra être valorisé et diffuséparune exposition, des colloques et des publications (ex.: exposition «Méroé» pour les fouilles au Soudan ou prochaine exposition «À la croisée des civilisations d’Asie centrale, d’Alexandre le Grand à Tamerlan» présentant les résultats des fouilles de Paykend en Ouzbékistan). Il faut relever que les fouilles sont l’occasion de travailler en réseau (avec le ministère des Affaires étrangères, le CNRS, l’EFA, l’IFAO, l’IFPO). Il est d’ailleurs utile de rappeler que le Louvre siège à la commission des fouilles du ministère des Affaires étrangères. E xpertises Les domaines dans lesquels le Louvre est sollicité s’élargissent. Il doit faire face à une demande croissante d’expertises, dans des domaines de plus en plus variés. Ils touchent non plus seulement aux sujets scientifiques mais à l’ensemble des métiers des musées (conservation, restauration, inventaires, réserves, recherche scientifique, muséographie, conception et organisation d’expositions, accueil des publics, médiation culturelle, management des établissements patrimoniaux, stratégie de développement, gestion des grands projets muséographiques, surveillance, gestion, mécénat, fonds de dotation, communication, etc.). On constate dès lors de nombreuses et fortes sollicitations, protéiformes et souvent floues, qui excèdent largement les capacités de l’établissement. Afin de répondre au mieux à ces demandes qui s’inscrivent dans la politique de coopération internationale du musée, un service spécifique, «Louvre Conseil», a été créé en 2014, à la faveur de la réorganisation menée au sein de l’établissement. Ce service permettra en effet, après expertise des demandes les plus diverses, de définir la réponse la plus appropriée: il pourra s’agir soit de répondre directement, au seinduLouvre, enplein accord avec le ministère et des partenaires comme l’École du Louvre ou l’Institut national du patrimoine, soit de rediriger les sollicitations vers les opérateurs ou services naturellement compétents. Il s’agira de répondre par l’organisation de missions de conseil, de sessions de formation, de séminaires ou d’ateliers d’échanges de bonnes pratiques, destinés aux institutions culturelles et à leurs équipes ainsi qu’aux professionnels de la culture, en France et à l’international. L’action internationale du Louvre, dans ses diverses formes, doit également viser à une meilleure insertion dans les réseaux internationaux de recherche. Le Louvre au service de la nation Les formes de l’action internationale au Louvre

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