Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

138 L’action internationale dumusée, traditionnellement liée aux pays dit «sources» d’où proviennent les collections, s’est aujourd’hui intensifiée et diversifiée. Quatre logiques peuvent ainsi être identifiées, parfois complémentaires, parfois contradictoires: • Une logique scientifique (liée aux collections) L’histoire de certains départements du Louvre se confond avec celle des découvertes archéologiques effectuées par les Français dans les pays du Proche et du Moyen-Orient (Égypte, Empire ottoman, Empire persan). L’histoire des collections a ainsi créé des liens durables avec certains des pays d’où proviennent ces collections. Au 19 e siècle semettent en place des coopérations archéologiques qui se traduisent par l’autorisation d’un certain nombre d’explorations ou de fouilles archéologiques et par la mise en place d’une administration patrimoniale selon le modèle européen. La France est ainsi, par exemple, à l’origine du service des Antiquités en Égypte (avec l’égyptologue Mariette qui fonda en 1863 le premier musée archéologique égyptien, le musée de Boulaq, futur musée du Caire), en Syrie, en Tunisie et en Algérie. Le Louvre a aussi des liens naturels avec les grands musées, notamment en Europe et aux États-Unis (liens matérialisés par des échanges scientifiques, prêts d’œuvres, colloques, publications). Du fait de l’augmentation du nombre de musées, se pose la question des choix de coopération effectués par le Louvre. Au-delà des grands musées partenaires naturels et historiques du Louvre, faut-il et peut-on imaginer des coopérations avec des nouveaux musées et selon quels critères ? • Une logique diplomatique L’action internationale menée par le Louvre contribue grandement au rayonnement culturel de la France. Le Louvre a souvent été considéré comme l’un des principaux atouts de la diplomatie culturelle de la France. Alors que la culture ou le patrimoine sont considérés comme des facteurs d’identité, de rayonnement et de développement économique et touristique, le Louvre est considéré comme une référence. Le Louvre doit donc tenir compte des axes définis par le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Culture et de la Communication pour la diplomatie culturelle, à savoir: l’Europe, les BRICS, l’Amérique latine et les États-Unis. D’un point de vue bilatéral, les priorités peuvent aussi être dictées par le calendrier des saisons culturelles (ex.: exposition«SainteRussie»en2010),parlaprésidence tournante du Conseil de l’Union européenne (ex.: exposition «Watteau» en Lituanie en 2013), ou par les grands événements internationaux. • Une logique des publics Le nombre de visiteurs étrangers au Louvre a plus que doublé en treize ans (2,7millions en 2001 ; 6,5millions en 2014). Ils représentent aujourd’hui 70% de ses publics. Parallèlement, un fort «désir de Louvre » s’est développé dans certains pays le conduisant à tisser des liens avec certains d’entre eux et à dépasser les frontières définies par le périmètre des collections du Louvre (ex. : États-Unis, Japon, Chine, Brésil). Cette logique ne doit pas empêcher pour autant le musée du Louvre de se porter au-devant de publics peu représentés au Louvre ou de publics qui ont peu de chance de venir à Paris (ex. : exposition « Images du Louvre » dans les Caraïbes ; projets d’itinérance de la «Galerie tactile »). • Une logique de mécénat La construction des nouveaux espaces des Arts de l’Islam a été financée pour près de la moitié par des mécénats d’États ou d’institutions étrangères: dans le contexte économique actuel, l’établissement doit continuer à chercher des mécènes en dehors de France et même de l’Europe (ex.: création des «American Friends of the Louvre» en 2002 et du «Cercle international des amis du Louvre » en 2008, partenariat avec NTV au Japon). L’action internationale Verrière du département des Arts de l’Islam Architectes : Mario Bellini et Rudy Ricciotti

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