Trajectoire_2025
83 Bilan d’activité - 2025 questions à Claire Bessède, directrice du musée national Eugène-Delacroix Pourquoi avoir choisi le thème de l’original et de la copie? L’idée m’est venue des interrogations des visiteurs à propos de la présence de copies sur les murs du musée. La « copie » peut être dévalorisée alors que non seulement sa pratique était essentielle dans la formation des artistes au 19 e siècle, mais elle permet d’évoquer des filiations entre artistes. Ainsi, Eugène Delacroix a peint des copies d’après des œuvres de Rubens et Goya qu’il admirait beaucoup. Ses tableaux ont, à leur tour, été copiés par ceux qui souhaitaient lui rendre hommage et en apprendre plus sur sa manière de peindre, comme Fantin-Latour et Bouguereau. Cet accrochage a été l’occasion d’observer avec attention ces copies qui ne sont pas des « copier-coller » des originaux car leurs auteurs y ont mis beaucoup d’eux-mêmes. Delacroix n’hésite pas à juxtaposer sur une même toile plusieurs études aux sujets divers : des reliures du 9 e siècle, une veste brodée orientale et une interprétation d’une gravure de Goya. Fantin-Latour peint les Femmes d’Alger dans leur appartement avec une touche vibrante et une lumière chaude qui le caractérisent. Les œuvres peuvent garder une part de mystère, avoir des historiques, des auteurs ou des interprétations multiples. Poser la question : «Est-ce un Delacroix ? », c’est s’interroger sur l’identification plus ou moins certaine de son auteur. Un tableau peint par Delacroix pour le compte de Géricault est-il véritablement un Delacroix ? Qui est l’auteur d’une copie ou d’une gravure de reproduction ? La signature est-elle un gage d’authenticité ? Ce sont des questions que nous avons abordées. Comment cette exposition permet-elle de comprendre le processus créatif de Delacroix ? La copie n’est pas antinomique de la création. Elle peut être utile à la formation, une source d’inspiration, un moyen de conserver avec soi ou de diffuser une œuvre. Eugène Delacroix trouvait son inspiration dans ses propres dessins et peintures, dans les copies et estampes d’après les maîtres qu’il conservait dans son atelier, mais aussi dans sa mémoire et son imagination. Ses « copies », plus ou moins fidèles, sont souvent des réinterprétations qui nous apprennent beaucoup sur ce qui l’a intéressé dans son modèle. À partir de La Fuite de Loth de Rubens du Louvre, Delacroix réduit la largeur de la composition, supprime le chien qui accompagnait les personnages et insiste surtout sur les chatoyants drapés colorés des personnages en mouvement, qui ont pu l’inspirer par la suite. Les copies d’après Delacroix mettent avant tout en valeur les liens entre les artistes et les techniques : Odilon Redon a pu travailler d’après une photographie du décor du plafond de la galerie d’Apollon, Lassalle-Bordes LES « JARDINS PARISIENS» DANS L’OBJECTIF DE TERRi WEIFENBACH En 2025, le musée Delacroix a renouvelé sa participation au festival PhotoSaintGermain en présentant une sélection de photographies de l’artiste américaine Terri Weifenbach qui explore les jardins parisiens avec une attention picturale. Née en 1957 à New York et vivant en France, Terri Weifenbach a réalisé une série d’images sur le thème des jardins en écho au jardin du musée Delacroix qui figurait également dans cette exposition. Son travail sur la lumière et sur le flou propose une approche sensible et colorée de la nature. «Jardins parisiens – Terri Weifenbach». Exposition proposée du 6 novembre 2025 au 4 janvier 2026 au musée national Eugène-Delacroix dans le cadre du festival PhotoSaintGermain
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