Trajectoire_2025
Le Louvre avance Bilan d’activité - 2025 52 Son architecture bioclimatique joue un rôle central : toiture végétalisée, corridors périphériques et parc arboré constituent de véritables barrières thermiques naturelles. Le choix des matériaux de construction et la performance des installations techniques permettent une régulation fine de l’humidité relative, avec une consommationénergétiquemaîtrisée, largement assurée par les pompes à chaleur du bâtiment. Face à des aléas climatiques aujourd’hui plus fréquents et plus intenses, la résilience du bâtiment repose également sur une veille permanente et sur l’action continue du service du bâtiment et de la sécurité, en lien avec les mainteneurs. Cette mobilisation quotidienne garantit le maintien d’un haut niveau de performance des installations. Un audit réalisé en 2025 a ainsi permis d’inscrire au programme budgétaire 2027-2031 des opérations de renouvellement ciblées des équipements techniques. Une analyse fine des consommations et de l’activité du CCL a également permis de réduire de 25 % les consommations électriques du bâtiment entre 2021 et 2025.Aujourd’hui, les conditions climatiques des espaces accueillant les collections – ateliers de restauration et espaces de consultation – sont pleinement adaptées aux exigences de conservation. Pour les zones de travail sansœuvres, le choix a été fait de limiter la climatisation, tout en maintenant un confort thermique satisfaisant, y compris en période de canicule. Lors des fortes chaleurs de juin 2025, le CCL a accueilli dans son espace de détente les enfants de l’école Jaurès voisine, leur offrant ainsi un lieu de pause fraîcheur. Au CCL, l’adaptation au changement climatique s’inscrit dans une approche globale: performance architecturale, sobriété énergétique, gestion active des équipements et attention portée à l’environnement immédiat. Quelles sont les autres actions de transition mises en place au CCL? Au-delà de la performance du bâtiment, le CCL agit comme un véritable laboratoire de transition écologique. Depuis trois ans, la gestion des déchets a été profondément repensée, avec le déploiement du compostage des déchets alimentaires et le développement de filières de dons et de réemploi des matériaux usagés. Entre 2024 et 2025, 150 mètres cubes de caisses ont ainsi été distribués au profit d’une quinzaine de structures des Hauts- de-France, notamment dans le cadre de projets à vocation sociale. Le CCL est également engagé dans plusieurs programmes de recherche visant à développer des matériaux plus durables pour la conservation des œuvres en partenariat avec des institutions muséales et universitaires. Inscrit dans un réseau territorial actif, le CCL contribue à des démarches collectives en faveur de l’économie circulaire, à travers des filières de recyclage et le programme «Culture circulaire» de la Communauté d’agglomération Lens-Liévin. Le Louvre, laboratoire de l’adaptation climatique En parallèle des aménagements structurels, le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) joue un rôle clé dans la compréhension des impacts du changement climatique sur les œuvres et les bâtiments patrimoniaux. Deux phénomènes sont particulièrement surveillés: les pics de chaleur, qui affai- blissent les structures, fragilisent les matériaux et accé- lèrent leur dégradation, et l’augmentation des fortes pluies, qui provoquent des risques hygrométriques et favorisent la condensation à l’intérieur des bâtiments. Pour affiner les observations liées à ce second phéno- mène, des capteurs ont été installés dans le sol et la maçonnerie du musée dans le cadre du projet euro- péen «Refresh» qui vise à étudier la manière dont les sites patrimoniaux peuvent participer à l’adaptation au changement climatique, notamment en optimisant la gestion du cycle de l’eau. Les données recueillies alimentent une cartographie climatique fine dumusée, notamment sur les risques de condensation, afin d’ajuster les dispositifs de conserva- tion de manière ciblée et préventive. Parallèlement, le musée du Louvre renforce la régula- tion climatique de ses espaces : des fenêtres plus étanches ont été installées et des stores occultants déployés, afin de mieux maîtriser le niveau d’humidité et la température intérieure lors des épisodes extrêmes.
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