Trajectoire_2025
Le Louvre, ici et ailleurs Bilan d’activité - 2025 120 éducatifs ou moraux, reflètent les convictions politiques, religieuses ou sociales de l’auteur ou du commanditaire, selon qu’il soit républicain, royaliste ou bonapartiste. Peintures, sculptures, photographies… dans la centaine d’œuvres exposées, de grands noms ont été présentés mais aussi des artistes méconnus, quel en était l’enjeu? Cette exposition a en effet remis en valeur des œuvres méconnues, souvent conservées en réserves, ou récemment acquises par des musées français. Il faut aussi noter que plusieurs pièces ont été restaurées, révélant leur richesse formelle et chromatique. C’est par exemple le cas du tableau Romulus et Rémus (1842, musée du Louvre) d’Émile Callande de Champmartin, métamorphosé par une restauration effectuée à l’occasion de l’exposition. Ce travail de recherche et de présentation d’œuvres inédites contribue également à corriger certaines habitudes de lecture, à nuancer les généralisations, et à rafraîchir les connaissances sur cette époque. Plus qu’une simple illustration de l’histoire de l’enfance, nous souhaitions proposer à travers cette exposition une approche exigeante et sensible, centrée sur des œuvres originales, et conçue comme une nouvelle contribution à la connaissance de cette période artistique. L’un des enjeux de cette exposition était de donner une visibilité plus grande aux artistes femmes – c’est notamment le cas de Jeanne-Élisabeth Chaudet (1767-1832), représentée par plusieurs œuvres dans le parcours – ainsi qu’aux artistes ayant mené l’essentiel de leur carrière en province, tels Jean-Jacques Monanteuil (1785-1860), qui a travaillé au Mans, ou le sculpteur Étienne Nicolas Édouard Suc (1802-1855), auteur du très émouvant Jeune aveugle breton conservé au château- musée de Saumur et restauré pour l’occasion. L’exposition «Copistes » : une collaboration exceptionnelle entre le Louvre et le Centre Pompidou-Metz Le Centre Pompidou-Metz a consacré une exposition inédite à la création de copistes. Une centaine d’artistes ont reçu des commissaires l’invitation suivante : «À partir de l’œuvre de votre choix conservée parmi les collections du musée du Louvre, imaginez sa copie. » La copie est au cœur de la tradition classique : copier d’après les maîtres, apprendre d’eux des techniques, des canons, des récits, afin de suivre une voie vers le savoir et la création, de la plus académique à la plus contemporaine. Même si bien des maîtres, de Matisse à Picasso, ont copié, l’art moderne a semblé préférer une éthique où le modèle de la copie est déclassé, remplaçant la figuration par l’abstraction, la peinture et le croquis à main levée par la démultiplication des formes possibles. Aujourd’hui, la question de la copie se pose de nouveau. La peinture contemporaine retourne à la figuration et nombre de peintres, parmi les plus jeunes, reprennent des figures issues d’œuvres anciennes pour leur donner une nouvelle vie. Plus qu’une simple illustration de l’histoire de l’enfance, nous souhaitions proposer une approche exigeante et sensible, centrée sur des œuvres originales.
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