Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
54 Louvre se conforme à l’obligation de prouver lui- même la sortie légale du territoire de toute œuvre acquise, d’obtenir tous les titres de propriété du propriétaire précédent ; - dans le cas où il serait très difficile d’obtenir ces preuves, notamment pour des œuvres déjà présentes sur le territoire, une publication attestant de la présence hors de son pays d’origine avant 1970 peut être, à défaut, jugée suffisante pour témoigner de la bonne foi du musée acquéreur. Ayant laissé la possibilité de revendication d’un État qui se jugerait spolié, une publication peut ainsi constituer la pièce principale d’un dossier d’acquisition. • La question de la responsabilité du Louvre dans les prix de ses acquisitions relève du bon usage des deniers publics et des ressources propres de l’Établissement public. C’est un sujet particulièrement complexe et sensible dans un contexte où le marché est assez fluctuant, et où le Louvre ne se situe qu’au niveau des chefs-d’œuvre. Ces points de vigilance sont abordés en interne (en commission d’acquisition du Louvre) mais également avec le ministère dans le cadre du Conseil artistique des musées nationaux . Quels liens avec les musées de France ? Si la politique d’acquisition du Louvre vise à enrichir les collections nationales qui lui sont confiées, il doit aussi être en capacité d’orienter tel ou tel achat d’œuvre vers un musée de France plutôt qu’au Louvre. L’acquisition doit ainsi aussi devenir un moyen de collaboration entre les musées, et un outil de la politique territoriale du musée du Louvre. Le rôle des grands départements est essentiel en la matière. C’est par excellence le moment privilégié de dialogue avec d’autres musées nationaux (Cluny, Écouen…). D es modes variés d ’ enrichissement des collections Les ventes publiques Si les ventes de gré à gré ne doivent bien sûr ni cesser ni être dédaignées, il semble que le Louvre doive renforcer sa présence sur le marché des ventes publiques, en lien étroit avec le Service des musées de France : cela passe par une veille accrue sur ce marché spécifique, par une meilleure réactivité du musée, notamment pour les ventes à l’étranger, par une réflexion sur le recours à la préemption et sa confidentialité. De manière générale, le Louvre a tout intérêt à engager cette réflexion, notamment pour suivre les préconisations du Conseil artistique en matière d’achat dit de « seconde main» : afin de ne pas favoriser les spéculations, il est en effet recommandé de ne pas faire l’achat à un prix plus élevé d’œuvres passées en vente moins de deux ans auparavant, sauf si une raison objective (nouvelle attribution, restauration notamment) motive cette nouvelle estimation. L’achat n’est pas le seul mode d’enrichissement des collections. Les dons et donations C’est un mode d’enrichissement des collections dont le Louvre a notablement bénéficié et dont il bénéficie encore aujourd’hui. Il faut rappeler que de « grands donateurs » sont inscrits dans l’histoire du Louvre et que la poursuite d’une politique active de donations s’inscrit dans une tradition de lien étroit entre les collections nationales et de grandes collections privées. Susciter de nouvelles donations est une mission importante mais délicate. La déontologie française des musées restreint en effet les possibilités de valorisation de collections privées au sein des musées publics, moyen généralement utilisés dans le monde anglo-saxon pour susciter des donations. Il s’agit à la fois de ne pas valoriser les collections privées à travers leur présentation au Louvre, et de ne pas engager le musée sur des collections dont il n’est pas en capacité de vérifier les provenances. Pour autant, les liens avec les grands collectionneurs doivent être favorisés, dans la mesure où de nombreuses collections privées ne présentent aucun des risques mentionnés plus haut. L’exposition de collections ne doit donc pas être exclue systématiquement : si l’exposition au Louvre d’une collection de qualité exceptionnelle est liée à une donation, elle prend tout son sens dans la politique d’exposition et d’acquisition du musée. C’est ce que le Louvre a pratiqué récemment avec les expositions des collections Prat, Lemme et Motais de Narbonne. Ce type de projets, bien sélectionnés, permet en effet à la fois de poursuivre l’histoire des collections du Louvre, liée à celle du collectionnisme français, et d’encourager les collectionneurs français et étrangers, potentiels donateurs du musée. Des actions plus ponctuelles, consistant par exemple à développer des accueils privilégiés des grands collectionneurs, entrent également dans cette logique et pourraient être renforcées.
RkJQdWJsaXNoZXIy NDYwNjIy