Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
51 d’acquisition du Louvre sans entrer dans le détail des politiques de chaque département, qui font l’objet de présentations spécifiques auprès de la commission d’acquisition du musée, et sont amenées à évoluer. La politique d’acquisition du Louvre est guidée par un important travail scientifique des conservations, qui est le garant de la responsabilité de l’établissement en la matière : les acquisitions, parce qu’elles deviennent propriétés de l’État, inaliénables et imprescriptibles, doivent être faites en responsabilité, et justifiées scientifiquement. La politique d’acquisition est particulièrement complexe à définir, puisque, par définition, « acquérir, c’est choisir » : les choix peuvent s’avérer particulièrement difficiles et impliquer des sacrifices. En outre, l’ampleur des collections du Louvre rend la définition de critères difficile car les problématiques sont variées, dépendantes de l’histoire des collections et des domaines scientifiques, voire des contextes géopolitiques (collections archéologiques). Ainsi, plusieurs types de critères scientifiques cohabitent selon les départements, les périodes et les opportunités : la valeur artistique, la valeur historique, la valeur documentaire importante pour éclairer d’autres pans de la collection, compléments de séries déjà existantes dans les collections (notamment pour les départements archéologiques, « séries d’études »), le lien avec l’histoire du Louvre, de la France… La commission d’acquisition duLouvre est garante de la cohérence d’ensemble et de la pertinence des choix effectués. Le Conseil artistique des musées nationaux assure, pour l’État, la cohérence des acquisitions du Louvre avec celle des autres musées nationaux. Dans tous les cas, lamise en valeur des acquisitions, par leur présentation dans les salles, par des études, par des expositions temporaires dédiées, est un enjeu important pour le Louvre dans les années qui viennent, afin de mieux rendre compte de la vie des collections. Il est possible de poser quelques principes généraux, sans pour autant que le cas par cas soit à exclure, dans une logique d’équilibre entre les axes définis et les opportunités qui se présentent. Trouver un équilibre entre renforcement des points forts et comblement de certaines lacunes Ce principe qui préside à toute politique d’acquisition est particulièrement complexe pour une collection encyclopédique, et il est forcément impossible de tout prendre en compte. Il doit être guidé par le respect de la formation des collections, la politique d’acquisition se définissant dans la suite de l’histoire des collections et des contextes qui ont conduit à l’état actuel des collections du Louvre. Le renforcement des points forts est une priorité car il va dans le sens de l’histoire de la constitution de la collection et du renforcement de la position du Louvre comme une référence scientifique et patrimoniale au niveau mondial, notamment dans les domaines suivants : • la collection de référence en arts français (peinture, sculpture, objets d’art, dessins) ; • une collection de peintures, de dessins, de majoliques et de bronzes italiens de référence ; • les arts flamands et hollandais ; • les collections royales et impériales en général, notamment parce que le département des Objets d’art est pour partie l’héritier des collections de la Couronne et dans une moindre mesure du Garde- Meuble royal (en collaboration avec les musées- châteaux) ; • la couverture complète du Moyen-Orient qui fait du Louvre le plus grand musée d’antiquités orientales du monde ; • une collection égyptienne de référence ; • une collection d’art grec et romain de référence, la plus grande collection d’art étrusque hors d’Italie ; • pour le département des Arts de l’Islam, des points forts dans les collections d’Égypte, d’Irak et d’Iran. À l’inverse, les lacunes font aussi partie de l’histoire des collections, et il faut les assumer ; chercher à toutes les combler serait non seulement impossible mais d’un intérêt extrêmement limité. Chaque politique de département doit décider, pour quelques années, des lacunes qu’il pense tenter de combler partiellement, et de celles qu’il choisit d’assumer pleinement. Sans entrer dans le détail, on peut identifier très sommairement quelques lacunes importantes : • pour les départements archéologiques, les lacunes des collections du Louvre reflètent exactement l’histoire de l’archéologie et du partage des collections (partage de fouilles entre nations fouilleuses aux 19 e et 20 e siècles notamment) : cela explique notamment les lacunes par exemple dans le domaine des collections d’Anatolie (fouilles allemandes), des collections de la péninsule Arabique (fouilles anglaises), des collections de Tunisie (fouilles françaises mais dont les produits ont été laissés sur place conformément aux statuts particuliers du protectorat), des collections de préhistoire et protohistoire égéenne aux antiquités grecques, étrusques et romaines (découvertes à une période du 19 e où la législation avait renforcé la protection des pays d’origine) ou des Le domaine, les collections, les publics et les équipes
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