Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

27 Le Louvre après le Grand Louvre ? L es « oublis » du G rand L ouvre Si le Grand Louvre a marqué l’histoire du Louvre et, plus généralement, des musées, en remodelant l’architecture, la muséographie et les circulations et fonctionnalités du musée, le projet n’a toutefois pas pu tout prendre en compte : les projets du Louvre d’aujourd’hui ont donc pour vocation de combler les oublis ou les manques du Grand Louvre. Ils sont de trois natures : Architecture et technique Loin d’être un projet unique, le Grand Louvre est en réalité une succession d’aménagements qui n’ont pas toujours su trouver leur cohérence les uns par rapport aux autres. Plusieurs limites peuvent ainsi être identifiées et doivent constituer les priorités du Louvre d’aujourd’hui : • retrouver une véritable centralité aumusée et une continuité des espaces : le projet du Grand Louvre n’a pas pris la pleine mesure des conséquences de la destruction des Tuileries ; si la pyramide avait pour objectif de remplacer la centralité des Tuileries, l’organisation des circulations intérieures ne permet pas complètement cette centralité, tous les circuits n’ayant pas été pensés au même moment. Il s’agit donc de repenser les circulations pour réaliser cette entrée unique et achever le désenclavement de certaines zones du musée qui n’ont pas été conçues en lien avec la pyramide ; • mettre aux normes les espaces non traités dans le Grand Louvre : certains espaces du Palais (Sully et Denon) n’ont pas bénéficié des remises aux normes et de rénovations prévues dans le Grand Louvre. Leur rénovation est donc une priorité ; • prendre en compte l’obsolescence des équipements du Grand Louvre : les équipements du Grand Louvre, installés dans les années 1980, répondent à des normes devenues aujourd’hui obsolètes, voire non réglementaires ; c’est pourquoi, près de trente ans après, les enjeux techniques d’entretien du bâtiment deviennent prépondérants ; • prendre acte de l’état actuel d’occupation du Palais : la présence de l’École du Louvre, du Centre de recherche et de restauration des musées de France, du pavillon des Sessions et des Arts décoratifs (eux-mêmes rénovés après le Grand Louvre), traces du lien étroit entre le Louvre et l’administration des Musées nationaux, fait aujourd’hui partie intégrante du Palais et doit être considérée comme un atout pour le Louvre ; • revenir sur le tropisme orienté à l’ouest du palais du Louvre, accentué par le projet du Grand Louvre : une réflexion approfondie doit être menée sur la mise en valeur de la colonnade de Perrault, les fossés Saint-Germain-l’Auxerrois, sur la vacuité de l’espace urbain traversé par la rue de l’Amiral-de-Coligny, sur la restitution d’une entrée orientale monumentale et son incidence sur les parcours de visite Muséographie Si un grand nombre d’espaces ont bénéficié de rénovations, le Grand Louvre a également laissé de côté plusieurs salles dumusée ; par ailleurs, certains projets initialement prévus n’ont finalement pas vu le jour. Le bilan de ces projets non réalisés doit guider la définition des priorités du Louvre : • des salles non rénovées en Denon et Sully : seule la moitié des Antiquités grecques, étrusques et romaines a bénéficié des rénovations, de même une partie seulement des Objets d’arts avait été traitée, d’où le projet de rénovation des salles 18 e siècle du département des Objets d’arts ; • la non-réalisation du projet «Sud-Sud» (Cour carrée) qui a remis en cause une partie du programme d’accrochage des peintures françaises et anglaises : non réalisé en raison du retard pris par le déménagement de la Bibliothèque centrale des musées nationaux (BCMN), ce projet muséographique, au budget trop élevé, a finalement été définitivement abandonné, laissant entière la problématique de présentation de ces collections. Plus largement, la superposition des projets du Grand Louvre a parfois créé des parcours particulièrement complexes : des séparations de collections, sans lien par la circulation (exemple de la peinture française du 19 e ), des séparations par écoles et par techniques dans des ailes différentes qui ne permettent pas de faire le lien entre des arts d’une même période. Sans pour autant remettre en cause les décisions prises dans les années 1980, plusieurs pistes pourront être ouvertes dans les projets du Louvre pour résoudre certains problèmes posés et répondre, parfois, à une relative obsolescence des propos scientifiques. Institution Les différentes étapes de la structuration de l’Établissement public n’ont pas toutes abouti et doivent aujourd’hui être achevées : le louvre d’hier et d’aujourd’hui

RkJQdWJsaXNoZXIy NDYwNjIy