Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

136 la finalisation du premier récolement pour définir une politique de dépôts claire et concertée. La question des critères d’une politique de dépôts est centrale : undépôt doit avoir un sens scientifique fort, nécessite une réflexion approfondie et doit s’inscrire dans un partenariat scientifique et culturel entre deux musées. Le bilan du récolement permettra de régulariser les situations qui le nécessitent : le travail de «post-récolement » sera l’occasion de procéder aux retours éventuels (qui seront concertés), aux transferts de propriétés, aux changements éventuels de dépositaires. Il permettra aussi de faire un bilan précis, région par région, pour définir le redéploiement éventuel ou le rééquilibrage nécessaire. Critères de nouveaux dépôts, retours ou redistribution De très nombreux musées en France bénéficient de dépôts du Louvre. Le moment semble venu d’en réexaminer la liste, et de voir, dans la perspective de la rénovation des salles, si des retours d’œuvres non exposées au Louvre ou, au contraire, des mises en dépôts supplémentaires pourraient être proposés dans les musées de France mis aux normes. Les critères suivants devront être pris en compte pour la mise en place de cette nouvelle politique : • penser en termes de complémentarités : il y a en effet des complémentarités à trouver entre les œuvres du Louvre et les collections et le Projet Scientifique et Culturel du musée accueillant. Un état des lieux devrait être établi avant toute négociation avec les musées dépositaires et les nouveaux dépôts associés à un projet précis du musée. Des projets de dépôts en bloc «par domaines » pourraient être envisagés afin de favoriser les rénovations et les réouvertures ; • une réflexion sur les outils est également nécessaire, notamment pour lever certains freins à une politique de dépôts plus dynamique : une première piste serait de rendre possibles des prêts longs, ce qui permettrait plus de souplesse dans les dépôts. Cela favoriserait notamment le prêt long d’œuvres souvent sollicitées, qui ne peuvent être mises en dépôts par crainte d’immobilisation. C’est le modèle de la galerie du Temps de Lens. Poursuivre les réflexions sur les questions des assurances serait une deuxième piste : du point de vue des dépositaires, c’est un frein important, et la réflexion entamée dans le cadre des groupes de travail initiés par le ministère de la Culture et de la Communication en lien avec le Louvre est à cet égard important ; • prendre en compte l’accueil des collections déposées sur place et les projets de médiation construits autour ; • définir la coordination avec les autres institutions nationales et avec les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) : une meilleure coordination avec les institutions nationales et le ministère de la Culture, tant au niveau de l’administration centrale que des DRAC, qui connaissent les situations des musées de France, permettrait une politique de dépôts plus concertée ; • une réflexion sur les différents périmètres géographiques est enfin nécessaire. L’une des pistes serait de travailler sur deux échelles : d’une part en Île-de-France et dans les régions les plus proches, et dans le Nord–Pas-de-Calais après installation des réserves, avec une logique de proximité (moins d’un jour de camion) qui rend possibles des actions ponctuelles plus souples, comme des prêts très courts ; d’autre part des prêts et dépôts en régions plus éloignées, qui répondent à des logiques de prêts ou dépôts plus longs, envisagés en fonction du Projet Scientifique et Culturel du dépositaire. Enfin, le cas particulier des dépôts Monuments historiques devra faire l’objet d’une attention particulière. Dans tous les cas, la concertation sera le maître mot de la redéfinition de la politique des dépôts.

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