Trajectoire_2025
Le Louvre à l’écoute de ses publics Bilan d’activité - 2025 80 Questions à Sébastien Allard, directeur du département des Peintures et commissaire de l’exposition «Jacques-Louis David» Quelle ligne directrice avez-vous privilégiée dans la conception de cette exposition? Le but était de redonner une continuité à l’œuvre et à la vie d’un artiste, trop longtemps perçues comme fragmentées au rythme des nombreux bouleversements politiques qu’il a connus et dont il a été partie prenante en tant que peintre et citoyen (l’AncienRégime, laRévolution, leDirectoire, leConsulat, l’Empire, laRestauration). David, artiste passionné, avait des convictions politiques et artistiques, les unes et les autres étant liées. Son œuvre et sa vie posent la question de l’engagement dans une époque marquée par de profonds bouleversements historiques, et la question de l’art comme possibilité de changer le monde. On ne peut plus se contenter de le considérer comme la statue du Commandeur figée sur son socle. Il fautmontrer ses forces et ses faiblesses, ses hésitations et sa formidable détermination, sa capacité à se renouveler sans cesse, sans rien lâcher. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé en préparant cette exposition? Je pense que l’exposition a démontré à quel point celui qu’on pouvait croire figé dans sa légende, le grand maître, le père de l’école française, pose une série de questions très actuelles et qu’il n’a pas fini de susciter des débats: l’engagement citoyen de l’artiste, la conscience de son rôle dans l’histoire, comment faire une image qui s’imprime immédiatement dans la mémoire, une sorte d’anticipation de la publicité qui utilise d’ailleurs abondamment son œuvre, le rôle des femmes trop réduit aux seules lamentations des Horaces alors que dans Les Sabines , elles mènent le jeu, la question du genre...Tout cela a parlé aux visiteurs, comme aux artistes contemporains. LE MOT DE PHILIPPE APELOIG, auteur de la signalétique et de la communication de l’exposition «La composition verticaledes cinq lettres dunomDavid, avec un interlignage progressif, donne une illusion de mouvement, que l’on retrouve dans les compositions picturales : gestes des personnages, ondulation des cheveux, envols des tissus des vêtements. Cette mise en forme des lettres légèrement décalée évoque aussi le temps qui s’écoule comme le sable dans une clepsydre. Les lettres apparaissent suivant le rythme d’une cascade qui répond au dégradé de l’ombre à la lumière, largement présent dans le fond de Marat assassiné ou de Juliette Récamier, née Bernard . Enfin, cette succession de lettres fait écho aux aléas de la vie de David, révolutionnaire engagé puis premier peintre de Napoléon 1 er . » L’AUDITORIUM AU SON DE LA RÉVOLUTION En écho à la grande exposition « Jacques- Louis David », l’Auditorium Michel-Laclotte a vibré tout l’automne aux sons des musiques et des chants révolutionnaires à travers un spectacle en création et un cycle de concerts conçus spécialement pour cet événement par des artistes majeurs de la scène théâtrale, opératique et musicale. Des Musiciens du Louvre auxTalens Lyriques, ce sont quelques- uns des meilleurs ensembles français qui se sont succédé en concert sur la scène de l’auditorium. Grand habitué des scènes d’opéra, Benjamin Lazar a notamment présenté en création mondiale une lecture-spectacle autour de la fascinante personnalité de David avec Judith Chemla et l’ensemble Les Lunaisiens d’Arnaud Marzorati.
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