Trajectoire_2025

Le Louvre à l’écoute de ses publics Bilan d’activité - 2025 72 «Revoir Cimabue » ou la redécouverte d’un artiste visionnaire Les années 1280-1290 furent le témoin d’un moment fondamental dans l’histoire de la peinture occidentale : pour la première fois, un peintre cherche à représenter dans ses œuvres le monde, les objets et les corps qui l’en- tourent tels qu’ils existent. Cet artiste visionnaire, dont nous ne savons presque rien et dont seule une quinzaine d’œuvres nous sont parvenues, c’est Cimabue (Florence, vers 1240-Pise?, 1301/1302). La première exposition à lui être consacrée est le fruit de deux actualités de grande importance pour le musée du Louvre : la restauration de la Maestà , souvent qualifiée «d’acte de naissance de la peinture occidentale», et l’ac- quisition, en 2023, de La Dérision du Christ , un panneau inédit de Cimabue redécouvert en France en 2019 chez des particuliers et classé Trésor national. Ces deux tableaux, dont la restauration s’est achevée fin 2024, constituent le point de départ de cette exposi- tion, qui, en réunissant une quarantaine d’œuvres, a mis en lumière l’extraordinaire nouveauté de sa manière et l’incroyable invention par laquelle l’artiste renouvela la peinture. Elle écrit ainsi le récit passionnant d’uncommen- cement, celui du naturalisme dans la peinture occidentale. Avec Cimabue, les conventions de représentation héri- tées de l’art oriental, en particulier des icônes byzantines, si prisées jusqu’alors, cèdent la place à une peinture inventive, cherchant à suggérer un espace tridimen- sionnel, des corps en volumes et modelés par de subtils dégradés, des membres articulés, des gestes naturels et des émotions humaines. Il développe également une verve narrative que l’on pensait jusqu’à présent initiée par ses flamboyants successeurs, Giotto et Duccio. Le MOT DE Thomas Bohl, conservateur au département des Peintures, commissaire de l’exposition «Avec La Dérision du Christ , Cimabue ouvre une voie qui va être empruntée par les plus grands artistes de l’histoire de l’art de la peinture italienne au cours des 14 e et 15 e siècles. Pour la première fois, l’homme cherche à se mettre en scène de manière naturaliste, de manière presque réaliste. Les personnages sont peints comme des êtres humains. Tous portent des vêtements différents, des coiffures différentes, expriment des émotions différentes. C’est une œuvre qui a complètement changé le regard que l’on peut porter sur la peinture de la fin du 13 e siècle. » «Revoir Cimabue. Aux origines de la peinture italienne» Exposition présentée du 22 janvier au 12 mai 2025 Commissariat : Thomas Bohl, conservateur au département des Peintures, musée du Louvre Cimabue développe une verve narrative que l’on pensait jusqu’à présent initiée par ses flamboyants successeurs, Giotto et Duccio.

RkJQdWJsaXNoZXIy NDYwNjIy