Trajectoire_2025
33 Bilan d’activité - 2025 Des œuvres à redécouvrir : mettre en lumière les artistes femmes dans les collections Un partenariat scientifique et culturel avec AWARE Afin de renforcer et diffuser les connaissances sur les artistes femmes, le musée du Louvre et l’association AWARE (Archives of Women Artists, Research and Exhibitions) ont signé en septembre 2024 une conven- tion de partenariat scientifique et culturel. De cette collaboration sont nés des notices biogra- phiques et des articles thématiques, publiés sur le site internet de l’association et relayés sur les réseaux sociaux d’AWARE et du musée du Louvre, visant à mettre en lumière les contributions artistiques de ces créatrices. Sofonisba Anguissola et Lavinia Fontana, peintres du 16 e siècle, Elisabetta Sirani, peintre du 17 e siècle, Julie Charpentier, sculptrice, Marie-Victoire Jaquotot, peintre sur porcelaine, Marie-Suzanne Giroust, pas- telliste, et Adelaïde Labille-Guiard, miniaturiste, pastelliste et peintre, du 18 e siècle, Marie-Louise Lefèvre-Deumier, sculptrice, et Marie-Jeanne-Rosalie Desarnaud-Charpentier, fabricante de cristaux gravés et montés, du 19 e siècle : ces artistes longtemps oubliées de l’histoire de l’art ont rejoint l’index des artistes femmes conçu par l’association AWARE, grâce au travail de recherche mené par le personnel scientifique des départements des Arts graphiques, des Sculptures, des Objets d’art du Louvre. D’autres notices ont été publiées en 2025 en collaboration avec le département des Peintures. En complément de l’approche biographique, trois articles ont été publiés cette année : le premier a apporté un éclairage sur le rôle des veuves d’artistes dans le monde corporatiste aux 18 e et 19 e siècles, tandis que les deux autres ont exploré la place des femmes peintres dans le genre du paysage. Le Centre Vivant Denon interroge la place des femmes dans les musées LeCentreDominique-VivantDenon a accueilli le 14mai 2025 la conférence «Le genre en exposition. Héritage et enjeux pour les musées aujourd’hui». L’occasion d’un riche partage d’expériences et de réflexions entre l’his- torienne de l’art Anne Lafont, la chercheuse au CNRS Charlotte Foucher Zarmanian, la conservatrice du patrimoine Camille Morineau et l’artiste Valérie Belin. Comment présenter des œuvres qui illustrent des scènes de violences envers les femmes?Comment nomme-t-on – oupas – les artistes femmes dans lesmusées?Comment lutter contre les stéréotypes de genre, dont les artistes contemporaines continuent de faire l’expérience? Aussi centrale dans les travaux académiques qu’elle peut être brûlante dans l’arène publique, la question du genre s’invite toujours plus dans les institutions muséales. Le sujet devient incontournable dans des espaces où, par essence, le passé dialogue avec le présent, et les regards contemporains percutent d’autres époques, d’autres regards. Une collisiond’où émerge, notamment, la néces- sité de repenser les récits qui accompagnent les représen- tations des femmes dans l’histoire de l’art. Cette évolution, intervenue de longue date dans les milieux académiques, les musées se doivent aujourd’hui de l’accompagner. Les expositions peuvent alors devenir un laboratoire de réflexion et l’occasion de tester de nou- velles pratiques, de médiation notamment, pour contri- buer à un musée plus juste, plus ouvert et plus conscient des récits qu’il transmet. Aussi notables soient-elles, ces récentes évolutions sont toutefois tempérées par la froideur des statistiques. Ainsi, au MoMA, 80 % des nus représentent-ils des figures féminines, mais seules 5 % des œuvres sont signées par des femmes. La lumière nouvelle qui s’infiltre dans les musées est encore tamisée.
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