Trajectoire_2025

23 Bilan d’activité - 2025 Des acquisitions nécessaires Le mot de Laurence des Cars, Présidente-directrice du musée du Louvre en 2025 « L’acquisition participe de la vitalité même du musée. Nous acquérons pour donner du souffle aux collections, les nourrir, les faire grandir, les enrichir de nouveaux éléments qui les réactivent en permanence. Chaque trésor qui entre au Louvre résonne ensuite immédiatement avec l’ensemble de ses collections et nous offre de les animer de nouveaux dialogues. Acquérir de nouvelles œuvres, c’est aussi permettre de les conserver en France tout en les offrant au plus grand nombre et pouvoir, ensuite, les faire circuler. C’est rester fidèle à notre mission de service public.» Le Chef de saint Jean Baptiste , Pierre Puget peintre Si l’on connaît Pierre Puget sculpteur, on oublie par- fois qu’il fut aussi un excellent peintre. Originaire de Marseille, Puget s’est formé à la peinture à Rome auprès de Pierre de Cortone, sur le chantier du palais Barberini. Il a été profondément marqué par le maître toscan. De retour dans le Midi de la France, il y a peint de nom- breux tableaux au cours des années 1650. Le style de ces œuvres est résolument cortonesque : personnages dyna- miques aux proportions trapues, aux membres gonflés, draperies agitées, couleurs vives. Le tableau qui entre au Louvre est bien différent. Il présente des tonalités restreintes, une composition simple, soigneusement construite, et une puissante spiritualité. Il correspond à une évolution de la pein- ture de Puget contemporaine des grandes commandes passées par Louis XIV pour Versailles. Le Chef de saint Jean Baptiste paraît répondre en peinture au Milon de Crotone , le plus grand chef-d’œuvre de Puget. S’inspirant sans doute du Caravage, Pierre Puget a signé avec le sang du Baptiste. C’est ce qui rend l’œuvre tou- chante, personnelle, presque intime. L’artiste s’y est attaché à rendre tous les effets de la mort sur un visage: la pâleur extrême, les lèvres bleutées, les orbites creusées. Est-ce une méditationpersonnelle sur lamort?Une sorte de vanité? Ou bien une commande, un tableau de dévotion? On l’ignore. La peinture n’est documentée que depuis 1954, lorsqu’elle refait surface àMarseille. Elle a ensuite appar- tenu, pendant presque un demi-siècle, à Klaus Herding, le plus éminent spécialiste de l’art de Puget. Puget est bien sûr connu comme le génie de la sculp- ture baroque française, mais comme les géants de la Renaissance, Michel-Ange et Léonard, il était un artiste total, sculpteur, architecte et peintre. Ses pein- tures ont pâti de l’éclatante renommée de ses sculp- tures, de sorte que très peu ont été préservées : moins de vingt tableaux de sa main subsistent aujourd’hui. La coupe en cristal de roche issue d’un trésor médiéval Les reliquaires encristal de roche étaient parmi les objets les plus extraordinaires des trésors duMoyenÂge.Leur trans- parence, due à laqualitéduquartz importédeMadagascar ou des Alpes, revêtait un caractère merveilleux. La petite coupe à monture d’argent du 17 e siècle acquise par le département des Objets d’art était à l’origine un reliquaire. Le type de rinceaux fleuris gravés sur le cristal est traditionnellement attribué à la région de la Meuse et du Rhin dans la première moitié du 13 e siècle, mais pour- rait être l’œuvre d’ateliers parisiens. Il n’y avait qu’un seul reliquaire comparable connu en France jusqu’à présent, provenant du trésordeGrandmont et conservé àLimoges. Cette coupe vient rejoindre en vitrine le célèbre calice des collections de Mazarin et de Louis XIV. Si l’on connaît Pierre Puget sculpteur, on oublie parfois qu’il fut aussi un excellent peintre.

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