Trajectoire_2025
Le Louvre, ici et ailleurs Bilan d’activité - 2025 110 Carte blanche à Gaël Faye. Quand les mots résonnent dans les murs du Louvre Du 25 mars au 20 mai 2025, le Louvre a donné carte blanche à Gaël Faye. Tant par son histoire personnelle que par son œuvre littéraire et musicale, l’écrivain, poète et rappeur franco-rwandais (prix Renaudot 2024 pour Jacaranda ) porte sur la scène artistique une réflexion poétique et humaniste sur la notion d’identité. Artiste ambassadeur de cette réflexion, il a présenté, au Louvre, une série de rendez-vous musi- caux et littéraires à la recherche d’un nouvel idéal d’universalité, celui d’un musée où chacun pourrait trouver l’œuvre d’art qui lui ressemble, le déconcerte et l’interroge. le mot de Gaël Faye «Les artistes sont métis par nature. Ils s’imprègnent d’une multiplicité de sensations, de connaissances, de techniques, s’ouvrent à toutes sortes d’exploration pour créer de l’inattendu. En ce sens, le Louvre est un lieu où se côtoient des mondes en constellations. Des mondes qui sont parfois issus de la rencontre des cultures dans la violence du choc colonial, de l’esclavage et des hiérarchisations. En ce sens, le métissage ne peut pas être un paravent pour masquer ces réalités mais il doit d’abord ouvrir à l’expérience de l’Autre, faire reconnaître l’altérité en soi-même, être le trait d’union manquant. À travers cette carte blanche au Louvre, et en présence d’amis artistes qui ont cheminé en ma compagnie à travers les collections du musée, j’ai souhaité dialoguer avec les œuvres en mots et en musique, célébrer notre humanité commune, tenter d’expérimenter poétiquement nos identités vivantes et décomplexées, mutantes et multiples. » Question à Arthur Binois, programmateur et adjoint à la direction de l’Auditorium et des Spectacles Une carte blanche au Louvre a été proposée en 2025 à Gaël Faye. Qu’a apporté le regard de l’écrivain et musicien sur les œuvres du musée? Accueillir des artistes de musiques actuelles est une manière pour le Louvre de s’ouvrir sur la ville et sur son temps, en somme de redonner le « goût du Louvre » à un public plus jeune et parfois plus éloigné, en lui offrant de nouveaux regards et récits sur ses collections et son histoire. L’invitation à Gaël Faye s’inscrit dans le prolongement de celles déjà lancées à Feu! Chatterton (2023) et Birds on a Wire (2024). En donnant carte blanche à cet artiste et écrivain franco-rwandais, dont l’histoire personnelle croise celle, tragique, de l’une des plus grandes catastrophes du 20 e siècle, nous assumons cette vision engagée du rôle d’un grand musée de civilisations : celle, de ne pas être le lieu d’un universalisme vertical et de conquête, mais au contraire, celui du métissage où célébrer notre humanité commune. Cet engagement de l’artiste, présent aussi bien dans son œuvre littéraire que musicale, trouvait en 2025 un écho tout particulier au sein de l’établissement, à l’heure où le défi intellectuel lancé par la nouvelle Galerie des cinq continents et la Chaire du Louvre de Souleymane Bachir Diagne venaient réaffirmer la vocation universelle du plus grand musée du monde. Avec Gaël Faye, elle s’est enrichie d’une autre, familière et accessible : celle d’être un musée où chacun puisse, selon ses mots, « rencontrer l’œuvre qui lui ressemble ».
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