Trajectoires - Faits marquants 2024

Le Louvre connecté à la ville, aux territoires et au monde Bilan d’activité - 2024 100 ailleurs, un ensemble, longtemps présenté comme un «collier», est exposé au Louvre grâce à nos collègues du Met dans son entièreté, incluant les autres objets avec lesquels ils auraient été trouvés tels que des ratés de fabrication ou des sceaux-cylindres, pour montrer qu’il devait s’agir d’une cachette peut-être monétaire, et déconstruire l’image de cet ensemble longtemps présenté comme un collier qu’il n’a jamais été. Avez-vous d’autres projets avec ce musée ? Nous poursuivons nos collaborations multiples avec nos collègues du Met, notamment pour des échanges nourris autour des enjeux fondamentaux que pose la rénovation de salles d’antiquités orientales. Par ailleurs, nous travaillons ensemble sur des fouilles qui contribuent notamment à mettre à jour nos connaissances archéologiques, qu’il s’agit ensuite de transmettre de la manière la plus adaptée possible à la spécificité des collections et des publics que nous accueillons. Est-ce que d’autres partenariats et regards croisés seront envisagés ? Nous espérons que ce projet particulier inspirera d’autres regards croisés, pour de nouveaux dialogues avec d’autres collections de musées homologues, tels que celles duVorderasiatisches à Berlin, actuellement fermé pour de très importants travaux. «Guillon Lethière, né a la Guadeloupe », une exposition coorganisée avec le Clark Art Institute de Williamstown Né à en 1760 à Sainte-Anne en Guadeloupe, mort en 1832 à Paris, Guillaume Guillon Lethière a été l’un des peintres d’histoire les plus en vue de son temps. Comme d’autres artistes de sa génération, formés sous l’Ancien Régime et qui achèvent leur carrière en pleine époque romantique, il a été largement oublié, dès la seconde moitié du 19 e siècle ; il est alors consi- déré comme un classique dépassé par les courants artistiques plus novateurs. Première monographie d’envergure consacrée au peintre, l’exposition co-organisée avec le Clark Art Institute de Williamstown, a retracé son parcours dans une époque marquée par les bouleversements politiques, artistiques et sociaux. Elle a invité à redécouvrir l’œuvre et le destin exceptionnel de ce fils naturel d’une esclave métisse et d’un colon blanc procureur du Roi, devenu l’une des personnalités les plus influentes de son temps. Le peintre a notam- ment occupé une place de premier plan dans la vie artistique française et fut directeur de l’Académie de France à Rome (1807-1816), membre de l’Académie des Beaux-Arts (élu en 1818) et professeur à l’École des Beaux-Arts (nommé en 1819). «Le Serment des ancêtres » La question de l’esclavage n’apparaît guère dans son œuvre – largement inspirée par l’histoire et la littérature antiques – avant les dernières années de sa vie. C’est secrètement que Guillon Lethière peint Le Serment des ancêtres (Port-au-Prince, musée du Panthéon national haïtien), achevé en 1822. L’esclavage a été rétabli depuis 1802 et l’indépendance d’Haïti, ancienne colonie française de Saint-Domingue, n’est

RkJQdWJsaXNoZXIy NDYwNjIy