Trajectoires - Faits marquants 2024

Le Louvre connecté à la ville, aux territoires et au monde Bilan d’activité - 2024 98 Un accord inédit avec le Rijksmuseum : deux portraits de Rembrandt de retour au Louvre pour cinq ans Depuis le 21 février 2024, et jusqu’en 2029, le Portrait de Marten Soolmans et le Portrait d’Oopjen Coppit , chefs- d’œuvre de la jeunesse de Rembrandt, sont à nouveau présentés au musée du Louvre. Après un séjour de cinq ans au Rijksmuseum, à Amsterdam, les deux toiles sont visibles pour la même durée au deuxième étage de l’aile Richelieu, salle Rembrandt. Leur dernier séjour parisien remontait à l’automne/hiver 2018-2019. C’est la première fois qu’ils seront exposés pendant plusieurs années à Paris. Leur acquisition conjointe par la République française et le Royaume des Pays-Bas, grâce à un accord inter- gouvernemental inédit signé à Paris le 1 er février 2016, impliquait que la France et les Pays-Bas fassent chacun l’acquisition d’un des deux tableaux de Rembrandt, témoignant ainsi de leur ambition partagée pour un patrimoine commun. Cependant, si les Pays-Bas ont acquis le portrait de Marten Soolmans et la France celui de son épouse, les deux tableaux ne peuvent jamais être séparés et doivent être exposés ensemble alternativement au Louvre et au Rijksmuseum, avec interdiction de prêt en dehors des deux musées. Ces peintures forment les seuls portraits en pied, grandeur nature, de deux modèles figurés debout, que nous ait laissés le maître hollandais. Les vêtements luxueux des époux frappent : le père de Marten possé- dait la plus grande raffinerie de sucre d’Amsterdam. Ce sucre, obtenu au Brésil avec le travail des esclaves des plantations, est la source d’immenses fortunes en Hollande. Ce format splendide, réservé à l’aristocra- tie, éclaire l’importance de cette commande de 1634 pour le jeune couple et témoigne de la perfection du maître à représenter la subtilité des matières autour d’une symphonie de noirs et de blancs, exaltée par la restauration menée en 2017 au Rijksmuseum. Au Louvre, l’entrée de ces tableaux bouleverse la collection de peintures hollandaises. En effet, bien qu’elle soit l’une des plus riches au monde après celle du Rijksmuseum, elle souffre d’un vide important que ces deux toiles monumentales viennent com- bler : Rembrandt est certes représenté par des chefs-d’œuvre comme la Bethsabée ou les autoportraits, mais ses grandes compositions sont rares. Au Louvre, les portraits de Marten Soolmans et d’Oopjen Coppit s’inté- greront dans la brillante collection de grands portraits du 17 e siècle, qu’ils soient flamands, hollandais, italiens ou français. Le Portrait de Marten Soolmans et le Portrait d’Oopjen Coppit de retour au Louvre

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