Trajectoires 2023

Attirer de nouveaux regards, établir de nouveaux dialogues Bilan d’activité - 2023 58 Légendes à venir Avec le Centre Pompidou, le prêt historique de têtes cycladiques et anatoliennes, présentées au sein du par- cours moderne, a invité le public à relire les porosités entre différentes périodes de l’histoire de l’art. D’autres projets se sont déployés dans le champ édu- catif, comme le premier partenariat d’établissement entre le musée du Louvre et les Beaux-Arts de Paris. Ce dernier associe pendant un an un atelier (en 2023, celui d’Angelica Mesiti et de Marion Naccache) au Louvre. Des interventions des équipes scientifiques du musée ont aussi été prévues dans le cadre du programme «Penser le présent » des Beaux-Arts. Enfin des partenariats s’écrivent sur tout le terri- toire, à l’image de l’exposition « Printed Matters. La Chalcographie du Louvre au Consortium» à Dijon, dans laquelle, sous le commissariat de FranckGautherot et Seungduk Kim, les gravures du musée font l’objet d’une relecture contemporaine. Questions à Donatien Grau, conseiller de la Présidente-directrice pour les programmes contemporains Comment associer regards contemporains et patrimoine du musée? Dans l’histoire des musées, depuis vingt-cinq ans, le contemporain – notamment « l’art contemporain », traité isolément – s’est envisagé comme une façon de « dépoussiérer » les institutions, une sorte d’in- trusion créative au sein des espaces patrimoniaux. Cette approche doit être renouvelée, non pas dans une séparation de « l’art contemporain » face aux autres médias, mais dans une logique de relecture constante du musée, créative, inventive et fluide. En ce sens, c’est renouer avec le Louvre des modernes, celui de Paul Cézanne, invitant à lire et relire le Louvre. Quel est l’objectif des programmes contemporains du Louvre? Ils sont, par nature, programmatiques: ils multiplient les formes d’interprétation du musée et créent des liens entre ses équipes et les figures extérieures, s’articulant dans un échange permanent, ouvrant des dialogues et des conversations. Il n’y a pas un format de relecture mais plutôt une méthode fondée sur la liberté créative et l’ancrage fécond dans la «matière du Louvre». Cet ancrage est le fondement d’une relecture précise et ambitieuse. Il est aussi la condition de la création par des artistes dont le musée est encore aujourd’hui la muse, quelle que soit leur génération, quel que soit leur médium. La chalcographie de Jean-Marie Appriou, «Constellation du Louvre », exposée dans le Centre Dominique-Vivant Denont

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