Rapport d'activité 2021
117 Des collections universelles non sans un sentiment funeste : ce por- trait est la dernière effigie pour laquelle le prince a posé, avant de mourir dans un accident. En 2005, le tableau entre au musée du Louvre. Prenant ce chef- d’œuvre d’Ingres comme point de départ, l’exposition a proposé de parcourir la vie du prince à travers ses images peintes, des- sinées, gravées et sculptées, de sa modeste enfance en exil jusqu’aux somptueuses funérailles, de la propagande aux carica- tures. Le parcours s’est ensuite concentré sur son remarquable mécénat artistique : conscient de son rôle de futur souverain, Ferdinand-Philippe d’Orléans a soutenu les meilleurs peintres et sculpteurs vivants de son temps, d’Ingres à Barye en pas- sant par Delacroix, Scheffer et Corot. Il a formé en une décennie une collection au goût moderne, fastueux et indépendant, aujourd’hui dispersée mais à laquelle l’exposition a redonné partiellement vie. Incarnation des espoirs d’une dynastie, d’une nation mais aussi de toute la com- munauté artistique, Ferdinand-Philippe est resté le prince idéal, que sa mort pré- coce a préservé des désillusions du pouvoir. Sa disparition tragique a suscité un besoin de monuments et d’objets commémoratifs à l’aune de la vague d’émotion ressentie. L’enjeu central de l’exposition était donc celui de la tension entre images et idéal. Giacometti et l’Égypte antique Institut Giacometti, à Paris, du 22 juin au 10 octobre 2021. Commissaires : Thierry Pautot, attaché de conservation, responsable des archives et de la recherche de la Fondation Giacometti, Romain Perrin, attaché de conservation, Fondation Giacometti, et Marc Étienne, conservateur en chef au département des Antiquités égyptiennes dumusée du Louvre. AlbertoGiacometti a toujours éprouvé une fascination pour les œuvres de l’Égypte antique, qu’il a des- sinées tout au long de sa carrière. Cette inspiration de l’art égyptien est régu- lièrement présente, par ailleurs, dans la sculpture et la pein- ture, à la fois comme un réper to i re de formes et comme une composante essentielle de sa conception esthétique. L’Institut Giacometti, en collaboration avec le musée du Louvre, a invité le visiteur à prolonger et à approfondir cette relation du sculpteur à l’art égyptien. À partir de recherches inédites sur les sources utilisées par l’artiste, l’exposition a proposé un parcours thématique fait de dialogues entre des œuvres emblématiques de Giacometti et des figures égyptiennes, notamment celle du scribe, l’art de la période amarnienne ou encore les por- traits du Fayoum. En confrontant des sculptures, des peintures ainsi que de nombreux dessins inédits à une sélection d’œuvres issues des collections du musée du Louvre, cette exposition a offert un regard renouvelé sur l’art deGiacometti à tra- vers le prisme de l’Égypte antique, une source de l’art moderne qui reste encore à explorer. Affiche de l’exposition «Ferdinand-Philippe d’Orléans (1810-1842). Images d’un prince idéal » Affiche de l’exposition «Giacometti et l’Égypte antique »
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