Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
65 qu’il permet une programmation et des décisions collégiales : les enjeux sont très importants, sur des chefs-d’œuvre qui dépassent le Louvre, et pour lesquels les décisions doivent être partagées. Des restaurations externalisées et en partenariat Le Louvre ne restaure pas seul, il a recours la plupart du temps : • à des restaurateurs extérieurs, qui interviennent au cas par cas selon les priorités pour des opérations de faible ampleur, ou, sur une base forfaitaire, pour un entretien régulier des collections ; ces opérations concernent en particulier les constats d’état des œuvres avant départ en prêts, certains bilans sanitaires approfondis, des études préalables… ; • à des groupements de restaurateurs qui interviennent par le biais de marchés pour les chantiers des collections ou pour les restaurations de grande ampleur. À l’exception du département des Antiquités égyptiennes et du département des Arts graphiques où des restaurateurs exercent au sein de la conservation (avec le recours aux prestataires extérieurs), le métier de restaurateur est peu représenté au Louvre. Les restaurations du Louvre se font en partenariat avec : • le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) : - qui est (et a vocation à rester) le partenaire principal du Louvre en matière de restauration, aussi bien que d’études et de recherche liées ou non à la restauration ; - qui apporte son concours scientifique et technique aux opérations de restauration menées sur les collections du Louvre : étude scientifique préliminaire (imagerie scientifique, analyses des matériaux), définition du cahier des charges, suivi de la restauration, établissement du dossier documentaire. La plupart des opérations se font dans les ateliers du pavillon de Flore, où les œuvres provenant des collections du Louvre représentent une part majeure de l’activité totale de ces ateliers ; - qui emploie des restaurateurs fonctionnaires et offre des espaces de travail aux restaurateurs extérieurs ; • d’autres laboratoires du ministère de la Culture et de la Communication, notamment le LRMH, le CICRP, le CRCC ; • d’autres musées, internationaux ou nationaux, notamment dans le cadre d’études de corpus similaires. Certaines restaurations (petites interventions) ont lieu également au Louvre-Lens, dans le cadre de la programmation spécifique des « coulisses » du musée ; elles sont réalisées par des restaurateurs extérieurs, notamment sur des œuvres destinées à être présentées au Louvre-Lens. Toutefois, la question de la pérennité de ce modèle de restauration, presque exclusivement faite par des restaurateurs extérieurs, peut se poser. En effet, si ce modèle présente de nombreux avantages, notamment en raison de la proximité du Centre de recherche et de restauration des musées de France, il présente également plusieurs limites : • d’une part, le plan de charge du C2RMF ne lui permet pas forcément de faire traiter toutes les demandes du Louvre ; la nouvelle direction du C2RMF devra se positionner, en lien avec le Louvre, sur cette question, dans une logique d’amélioration des complémentarités entre les deux partenaires ; • d’autre part, les besoins du Louvre, du fait de la grande diversité de ses collections et des problématiques de restauration qu’elles soulèvent autant que de la fréquence de ses activités (expositions et projets muséographiques notamment), sont très nombreux : ils nécessitent de nombreuses spécialités en restauration, et une grande réactivité. Une programmation plus en amont des restaurations avec le C2RMF (année n-1) permettrait de définir en concertation le niveau d’intervention souhaité en fonction de la complexité des opérations prévues, et ainsi établir le degré et les modalités de contribution du C2RMF, depuis l’intervention ponctuelle d’urgence jusqu’à la restauration fondamentale, en passant par les différentes actions possibles d’entretien, ou de bichonnage. En fonction des projets à venir du C2RMF, la question d’une internalisation partielle de certains de ces besoins au sein même des départements du Louvre pourra se poser dans les années à venir. La création d’espaces spécifiques au sein du Palais, pouvant accueillir des restaurations aujourd’hui impossibles au C2RMF faute de place, pourrait être une piste d’étude à mener entre les deux institutions. Cet enjeu étant très stratégique et nécessitant de plus des aménagements spécifiques, sa résolution ne pourra en aucun cas être le résultat d’une décision unilatérale. Cette option peut s’intégrer dans une stratégie globale établie en liaison avec le C2RMF et impliquerait une hiérarchisation des besoins et des modes d’intervention. Le domaine, les collections, les publics et les équipes
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