Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

63 Réaffecter et réorganiser les réserves au sein du Palais En parallèle de ce chantier d’externalisation, la réorganisation des espaces du palais du Louvre ainsi libérés est le deuxième chantier prioritaire en matière de conservation en réserves. En effet, la libération des espaces doit permettre de répondre à deux besoins principaux : • créer de vrais espaces de réserves « tampons » destinées à gérer la vie quotidienne des collections (accrochages / décrochages, mouvements internes, départs et retours de prêts, quarantaines, préparation de restauration…). Ces espaces manquent aujourd’hui au Louvre et leur création, en complément du centre de Liévin, permettra d’améliorer considérablement la gestion des collections. Il va de soi que ces espaces de travail et de conservation temporaire des collections ne seront pas installés dans les espaces inondables libérés, mais dans des espaces non inondables ; • créer de vrais espaces de stockage technique et muséographique, notamment pour le mobilier muséographique. Un diagnostic des possibilités et une évaluation fine des besoins établis dès 2015 seront la base d’une programmation de travaux qui se fera dans un second temps. De manière générale, le renforcement de la conservation préventive en réserves est une priorité pour le Louvre, et sera favorisé par les projets de réaménagements des réserves. Ils permettront en particulier de poursuivre les travaux d’harmonisation des procédures (constats, convoiements, mouvements…) et de renforcer le contrôle des conditions environnementales de conservation des collections. Les chantiers de collections permettront également, de même que le récolement, une meilleure connaissance de l’état des collections, et l’amélioration de leurs conditions. Sauvegarder les collections nationales En cas d’urgence, les musées sont confrontés à une double nécessité de sauvegarde, parfois contradictoire : protéger les publics et sauver les collections. La préparation de la gestion de ces deux urgences doit donc être prise en compte. Dans les deux cas, la présence au Louvre, par exception (et suite à l’incendie de 1871 aux Tuileries) d’une brigade dédiée des Sapeurs-Pompiers (SPSI), qui travaille en lien étroit avec les équipes du Louvre chargées de la sécurité et de la sûreté, répond aux deux urgences. De même, l’existence d’une CIS (commission interne de sécurité), régulièrement réunie, permet un suivi étroit de ces questions. En ce qui concerne plus spécifiquement la sauvegarde des collections, les outils mis en œuvre doivent répondre aux différents risques (incendie, inondation, vol…). La réalisation d’une cartographie détaillée des risques permettra d’affiner et de prioriser la gestion de ces risques sur les collections. La sauvegarde des collections et la gestion de l’urgence sont des sujets transversaux dont l’appropriation doit être poursuivie en interne. À cet égard, la généralisation des exercices, des formations, des tests reste prioritaire, de même que l’harmonisation, la diffusion et l’actualisation des procédures. Les priorités sont les suivantes : • la définition de plans de sauvegarde des œuvres, conformément aux demandes du ministère de la Culture et de la Communication, est une priorité et devra être finalisée pour tous les espaces du musée. Il s’agit d’identifier (et d’actualiser) la liste des œuvres à sauver en priorité en cas d’urgence, afin que les services impliqués dans la gestion de l’urgence, au premier plan desquels le SPSI, puissent assurer cette sauvegarde ; • la poursuite de la mise en œuvre du plan de prévention du risque inondation (PPRI), dans un objectif d’évacuation en moins de 72heures des œuvres situées en zone inondable, est également prioritaire. Elle passe par le renforcement des exercices opérationnels et des procédures d’évacuation. La conduite d’exercices « à échelle réelle » sur l’ensemble des espaces, et non par lieu ou département, sera donc une priorité des années qui viennent afin d’assurer une préparation maximale à la sauvegarde des œuvres partout dans le musée. Ainsi, l’exercice d’évacuation coordonné entre le SPSI et le département de la conservation préventive du C2RMF au pavillon de Flore a été l’occasion non seulement de se familiariser avec les parcours et la manipulation d’œuvres fragiles, mais également de créer un espace informatique partagé sur lequel sont signalées en temps réel les œuvres prioritaires à évacuer. Cette coordination doit être reconduite en 2015. En effet, si l’externalisation des réserves permettra de répondre en grande partie à cette question, le PPRI n’en reste pas moins une priorité pour les salles, dans la mesure où les salles d’expositions temporaires et une partie des salles permanentes sont situées en zones inondables et qu’elles seront prioritaires sur les réserves en cas de crise (salles du département des Arts de l’Islam, salles OMER, galerie Donatello, galerie de la Grèce préclassique, crypte de la Cour carrée, crypte Girardon, salles de sculpture des écoles étrangères, niveau bas cour Puget et cour Marly). Le domaine, les collections, les publics et les équipes

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