Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
60 bâtiment historique qui n’a pas été pensé comme un musée. L’objectif principal de l’établissement est de poursuivre le travail d’état des lieux des conditions de conservation dans le Palais, des risques encourus, et d’établir un diagnostic partagé par tous pour améliorer les conditions de conservation. Les difficultés sont nombreuses : • la diversité des collections qui nécessitent des conditions de conservation différentes, parfois contradictoires au sein d’un même espace ; • les contraintes du Palais en matière de climat (huisseries anciennes inadaptées notamment) et d’éclairage (fenêtres anciennes non adaptées notamment) ; • les contraintes du Palais en termes de circulations (emmarchements, escaliers, espaces contraints), qui ne permettent pas de toujours y prévoir des manipulations d’œuvres optimales, voire qui obligent d’y maintenir certaines œuvres qui ne peuvent sortir du Palais ; • l’obsolescence des équipements, y compris ceux du Grand Louvre (éclairages, traitement de l’air…), parfois même des vitrines (non étanches, anciennes) dont les caractéristiques et le fonctionnement font l’objet d’une réflexion conjointe avec le C2RMF ; • les nombreux passages dans certains espaces non prévus pour une trop grande fréquentation et qui peuvent engendrer une dégradation des conditions de conservation (empoussièrement, modification du climat…). Les priorités à mettre en œuvre : • l’un des enjeux majeurs pour le Louvre est d’améliorer la transversalité de ce sujet, qui touche les conservations et la direction de la Recherche et des Collections mais aussi la surveillance et le bâtiment, ainsi que les ateliers muséographiques : renforcer la culture de la conservation préventive dans le musée est un objectif directement lié au recentrage du projet du Louvre autour des collections ; • cela passe par le renforcement de la concertation dès que les œuvres sont concernées, que ce soit par des travaux ou des sinistres, et de la diffusion de l’information, par la poursuite des formations internes. Pour améliorer l’environnement, facteur essentiel de dégradation ou de conservation des œuvres, plusieurs chantiers doivent être menés en priorité : • mieux travailler en transversalité sur l’entretien et les rénovations du bâtiment, notamment pour faire en sorte que les reprises des équipements techniques (centrales de traitements d’air en premier lieu) prennent en compte les conditions de conservation des collections ; • renforcer la veille sanitaire et les contrôles, afin d’affiner en permanence les connaissances des conditions de conservation dans le Palais ; • améliorer les conditions d’éclairage (notamment dans les cas d’ensoleillement direct et d’équipements obsolètes) ; • renforcer le nettoyage des salles ; • reprendre les vitrines qui le nécessitent (pour améliorer leur étanchéité notamment) ; • mettre en œuvre les nécessaires rotations des collections les plus sensibles, en particulier pour les textiles et les arts graphiques ; la question se pose particulièrement dans la perspective d’une présentation des arts graphiques de manière plus pérenne. En intervention directe sur les collections, l’entretien des collections, leur anoxie et la systématisation des chantiers de collections, dans des espaces adaptés, sont les priorités. Conserver en plein air Enfin, la conservation du patrimoine des jardins présente des spécificités. Ce patrimoine comprend : des sculptures inscrites sur les inventaires du Louvre, de nombreux dépôts, des vases, des bancs et des éléments d’architecture tels que des bassins ou des rampes, des originaux ou des copies. Il est soumis à de multiples facteurs de dégradation, naturels (intempéries, oiseaux) ou humains, intentionnels ou involontaires (pollution, vandalisme). Il est nécessaire de mettre en place des actions planifiées pour améliorer la conservation préventive, en recourant aux compétences de restaurateurs et laboratoires spécialisés. Conserver en réserves La conservation préventive des œuvres en réserves présente d’autres types de problématiques. La problématique des réserves est un enjeu prioritaire identifié de longue date et est au cœur des priorités de l’établissement pour les années à venir. L’enjeu est triple pour le Louvre : • assurer la sauvegarde des collections en externalisant une partie des réserves à l’horizon 2018 ; • définir la réaffectation des espaces libérés au sein du Palais par cette externalisation pour faciliter le fonctionnement du musée en créant des réserves tampons ; • renforcer la politique de conservation préventive en réserves par la programmation de chantiers de collections.
RkJQdWJsaXNoZXIy NDYwNjIy