Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
49 d’une aire civilisationnelle (dans la même logique que les départements antiques historiques), celle d’un département dit «Arts de Byzance et des Chrétientés d’Orient » aurait supposé en creux la redéfinition des autres départements en Moyen Âge occidental, Renaissance… Les départements du Louvre sont bien : • des départements de conservation du Louvre en charge de la conservation des collections ; • des grands départements patrimoniaux (huit sur quinze), tels que définis par le code du patrimoine, et remplissant des missions scientifiques au niveau national pour le compte du ministère de la Culture et de la Communication ; • des structures administratives créées successivement qui ne recoupent pas forcément des présentations dans les salles ; inversement, chaque présentation en salle n’a pas besoin de la création d’un département pour exister : le débat sur la création ou non d’un département dit «Arts de Byzance et des Chrétientés d’Orient » dénotait cette confusion sur ce qu’est un département, le Louvre n’ayant pas besoin de créer une entité administrative spécifique pour dédier des espaces à des collections byzantines en effet encore trop peu mises en valeur dans le musée. L’enjeu de présentation et de valorisation scientifique des collections ne doit donc pas être confondu avec la structuration administrative du Louvre. De même, les salles dédiées à l’Orient méditerranéen dans l’Empire romain relèvent toujours bien de trois départements distincts. Il s’agit dans tous les cas de trouver un équilibre entre une structuration administrative claire, une gestion des collections bien menée qui ne laisse aucun pan des collections de côté et la présentation des collections dans les salles du Louvre. De ces deux constats découlent plusieurs enjeux pour le Louvre : • la question des présentations des collections et ce qui pourrait ou devrait être amélioré dans les années à venir ; notamment en termes de renforcement des transversalités, pour répondre, à la fois scientifiquement et en termes de présentation, au public qui peut s’y perdre, aux ambiguïtés de certaines définitions de périmètres ; l’exemple de la création des salles d’Orient méditerranéen dans l’Empire romain (OMER) en 2012 répondait par exemple à cette question, sans pour autant avoir nécessité la création d’un département spécifique ; • l’enjeu de la définition des grands départements patrimoniaux : la définition actuelle des périmètres des départements est satisfaisante. En effet, elle répond aux enjeux principaux : la bonne gestion des collections nationales confiées (conservation, enrichissement, mise en valeur), et l’expertise scientifique reconnue, dont le Louvre, dans chacun des domaines qui lui sont confiés, a la chance de pouvoir bénéficier. Chaque département, dans son domaine, bénéficie en effet de l’expertise de plusieurs conservateurs spécialisés, ce qui permet de couvrir l’ensemble des périodes et techniques, et donc de remplir pleinement les missions de grands départements. Cette mission, abordée plus loin dans ce Projet Scientifique et Culturel, est une priorité pour le Louvre et pour chaque département, qui veille à la remplir en lien étroit avec toutes les institutions concernées. Dans cette mesure, la remise en cause des grands départements ne semble pas nécessaire : la réponse par le renforcement du travail en réseau avec les autres musées et par la présentation des collections au Louvre semble plus pertinente. En conclusion sur ce contexte particulier du Louvre, on peut retenir les points suivants, qui expliquent la complexité des politiques relatives aux collections du musée national du Louvre : • une structuration d’Établissement public qui permetl’équilibreentrel’identitédumuséenational du Louvre, « centralisé », défini par des politiques transversales d’établissements, et les spécificités scientifiques de départements de conservation, dans une logique de «déconcentration» ; • un établissement dont la diversité et la complexité sont le reflet de l’accumulation de plusieurs périodes de l’histoire des musées, des collections et de l’histoire administrative, et de la combinaison de plusieurs politiques scientifiques rassemblées ; • des collections dont le périmètre est défini « en creux » par rapport aux autres musées, en raison de l’histoire des musées : ce qui n’est pas confié statutairement par l’État aux autres musées nationaux tels que définis par l’organisation de 1945 est confié au Louvre, sans que le périmètre des collections du musée national du Louvre ne soit défini dans son décret ; de même, les collections confiées à chacun des départements ne sont jamais définies précisément mais héritières d’histoires de répartitions et de présentations des collections. Ce flou est cependant relatif car la juxtaposition des périmètres des huit départements du Louvre permet de définir les collections du musée : elles vont de l’Antiquité, pour trois aires de civilisations (Orient, Égypte, Grèce / Rome), jusqu’à la révolution industrielle, et intègrent le développement des arts du Moyen Âge jusqu’au milieu du 19 e siècle pour les cultures européenne et islamique. Le domaine, les collections, les publics et les équipes
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