Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

134 Cette problématique rejoint celle des missions des grands départements car, en tant que «chefs de file» dans les domaines scientifiques du Louvre, les départements du Louvre sont au centre des politiques de «circulation des collections » et ont un rôle essentiel à jouer pour favoriser les projets des musées de France. Le nombre important de sollicitations, la fin du premier récolement décennal et différentes réflexions amorcées par le ministère de la Culture («Rapport Seban» de 2013, groupes de travail sur les assurances, plan d’éducation artistique…) ont remis cette problématique au cœur des relations entre les musées nationaux et les musées de France. Il s’agit pour le Louvre de clarifier son action en définissant des critères et des outils qui lui permettent de mieux répondre à ces missions tout en trouvant le bon équilibre avec sa programmation au Louvre même. Un rôle historique du Louvre L’histoire du Louvre, depuis 1793, est faite de plusieurs périodes de dépôts en régions. On peut distinguer plusieurs moments importants : les envois Chaptal, les dépôts du début de la III e République, les dépôts faits dans les années 1930 en lien avec les réaménagements du plan Verne et les dépôts importants de l’après-guerre. Inversement, des dépôts ont été récupérés dans les années 1980 pour faire le Grand Louvre. La fin du récolement des dépôts de l’État et le bilan qu’il faudra en tirer marquent une quatrième période dans cette histoire des dépôts. Le Louvre a donc une responsabilité envers les musées en France constitués d’envois et de dépôts des collections nationales : c’est ce qui fait de l’action territoriale du Louvre une priorité à réaffirmer. L’action territoriale du Louvre s’inscrit dans la politique territoriale du ministère de la Culture et de la Communication. Plusieurs rapports ont pointé la nécessité de repenser cette action territoriale, et les établissements publics nationaux doivent y jouer un rôle important. Les années à venir, après la fin du premier récolement décennal, seront décisives. Des difficultés Il ne faut pas ignorer les contraintes auxquelles le Louvre est confronté pour développer son action territoriale : • les œuvres sont fragiles et par nature leur circulation pose des questions de conservation ; • la circulation des œuvres, en France comme à l’étranger, doit répondre à une déontologie de la gestion des collections, bien définie et partagée ; • les mêmes œuvres sont très souvent sollicitées : cela pose à la fois des problèmes de disponibilité des œuvres, de représentativité des collections du Louvre et de conservation d’œuvres trop souvent sollicitées ; la question de « sanctuariser » certaines œuvres pourrait se poser ; • la responsabilité du Louvre vis-à-vis de son propre public peut également se poser : certains chefs-d’œuvre que les publics du Louvre s’attendent à y trouver ne peuvent pas en être absents trop souvent. Il s’agit donc pour le Louvre de trouver des solutions qui permettent à la fois de montrer les collections au plus grand nombre en les exposant hors du Louvre, et d’assurer leur conservation et leur visibilité au Louvre, dans une logique de « gestion durable des collections ». C omment favoriser la circulation des œuvres en F rance ? Une simple question reste donc entière: peut-on favoriser la circulation des œuvres?Cela revient à poser la question de la politique de prêts et dépôts du Louvre, mais aussi celle des partenariats de plus longue durée. Trois types d’actions constituent le cœur de l’action territoriale du Louvre : • les dépôts ; • les prêts longs ; • la politique d’expositions en collaboration avec les musées de France. Dans tous ces cas, les projets doivent répondre avant tout à une logique scientifique partagée: les collections duLouvredoiventvenirappuyer,renforcer,compléter, éclairer celles des musées de France, dans une logique de complémentarités et de projets construits en commun. C’est là la meilleure façon de répondre à la mission première des grands départements et du Louvre, celle de l’expertise scientifique. Définir de meilleurs outils La définition de meilleures méthodes de sélection des projets et de définition des priorités permettra d’avoir une meilleure efficacité dans l’action du Louvre: La circulation des collections nationales, une priorité complexe

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