Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre

127 Le Louvre au service de la nation vocation à assurer une tutelle scientifique pleine et entière sur ces collections. La réflexion sur le «décroisement » des inventaires est entamée dans ce cadre. L’Orangerie dans les Tuileries Le Louvre et le musée d’Orsay ont par ailleurs un lien de nature domaniale à travers l’Orangerie, située aux Tuileries, qui fait du rapprochement avec Orsay, auquel le musée de l’Orangerie est rattaché depuis 2001, une priorité d’autant plus importante. Versailles L’histoire commune du Louvre et de Versailles constitue en soi un sujet de recherche et d’histoire des musées et des collections, et ne peut être abordée ici que succinctement. L’objectif devra être de faire coïncider les deux projets sans remettre en cause les logiques des collections. Les deux établissements sont liés par leurs collections, que l’on peut qualifier de «partagées » à de nombreux égards. Notamment, la question des dépôts du Louvre à Versailles et des œuvres, actuellement au Louvre et ayant pu être présentées à Versailles à un moment de son histoire, est un enjeu important pour les années à venir, notamment dans le cadre des suites à donner au récolement des collections nationales. Il s’agit, pour ainsi dire, de définir une « ligne de partage » qui convienne aux visiteurs d’abord, comme aux deux établissements, même si les lignes de partage sont très variables selon les cas (notamment différentes entre les sculptures et les peintures en raison de l’histoire des collections). La question se pose particulièrement pour l’histoire du 19 e siècle et le Versailles de Louis-Philippe, notamment pour le cas particulier du musée de l’Histoire de France («À toutes les gloires de France » inauguré en 1837, et qui concerne les peintures d’histoire). De fait, beaucoup d’œuvres de Versailles sont inscrites sur les inventaires du Louvre ; elles n’ont pas pour autant vocation à revenir au Louvre (qu’on pense par exemple au cas extrême du décor de la galerie des Glaces, inscrit sur les inventaires du Louvre). Inversement, l’ensemble des œuvres aujourd’hui au Louvre et liées à l’histoire de Versailles n’ont pas vocation à y retourner. La complexité des liens entre le Louvre et Versailles tient à plusieurs aspects de l’histoire des deux institutions : au fait que les inventaires «du Louvre » aient été longtemps les seuls inventaires nationaux ; à lacréationdedépartementsduLouvre au 19 e siècle en parallèle de l’histoire des musées de Versailles, et selon des logiques politiques différentes (le département des Sculptures, par exemple, créé en 1871 au Louvre, notamment en récupérant une partie des sculptures placées à Versailles)… Pour arriver à une situation stabilisée entre les deux institutions, le Louvre et Versailles peuvent s’appuyer sur plusieurs logiques : • ne pas rompre des ensembles de collections qui font sens en les affectant à l’un ou l’autre : les solutions devront porter sur des ensembles afin d’éviter de reproduire certains précédents qui ont séparé des ensembles de collections ; • respecter l’histoire des deux lieux et ne pas les faire entrer en concurrence ; • favoriser la reconstitution des états historiques souhaitée par Versailles sans rompre des ensembles ; • définir des charnières admises communément pour définir ce qui relève de l’un ou de l’autre : par exemple, autour de la Révolution, qui est au cœur de l’histoire du Louvre et de ses collections puisqu’elle crée le Louvre comme musée, et au cœur de l’histoire qui s’est jouée à Versailles mais avec un moindre impact sur la vocation scientifique de l’établissement, par nature ; ou autour des collections qui ont circulé au 20 e siècle, sont toutes des dépôts et doivent le rester ; • traiter à part la question du parc qui impacte surtout les collections de sculptures et moulages : selon l’état du parc qui sera souhaité, certaines œuvres du Louvre ou leur moulage pourraient être amenés à rejoindre Versailles et inversement (selon l’état de conservation des œuvres). Le règlement de ces questions particulièrement complexes ne peut passer que par des analyses fines au cas par cas entre les conservations, qui prennent en compte les histoires croisées des départements du Louvre et des différents états de Versailles. Des discussions vont s’ouvrir entre les deux institutions, dans le cadre notamment de la fin du récolement de leurs dépôts croisés. Outre ces problématiques de collections particulièrement complexes, les collaborations de programmation avec Versailles pourraient être renforcées sur certains champs qui concernent les deux établissements ; l’exemple de l’année Le Nôtre pourrait être à reproduire. Enfin, de même qu’avec Orsay, le Louvre et Versailles entretiennent des relations domaniales puisque la gypsothèque du Louvre est conservée à la Petite Écurie de Versailles. Depuis 2014, à l’initiative du Château et en lien avec le Louvre, elle est ouverte au public et participe d’une collaboration renforcée entre les deux musées.

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