Projet_Scientifique_et_Culturel_Louvre
122 également à penser sous l’angle géographique : musée universel jusqu’au 19 e siècle, ayant couvert jusqu’au milieu du 20 e siècle encore de nombreuses zones géographiques, et couvrant encore aujourd’hui, sans être universel, une bonne partie du monde, le Louvre est un complément de plusieurs musées nationaux à dominante géographique. C’est le cas, à travers les collections du département des Arts de l’Islam (Inde, Asie centrale) et du département desAntiquités orientales (archéologie de l’Asie centrale), avec le musée national des Arts asiatiques – Guimet. C’est également le cas avec le musée du quai Branly à deux titres : d’une part, à travers les collections du département des Arts de l’Islam (Maghreb notamment), d’autre part par la présence au sein du palais du Louvre du pavillon des Sessions. Si le MuCEM place au cœur de son projet la Méditerranée et ses liens avec le monde européen, le Louvre est également un musée de la Méditerranée, à travers notamment l’ensemble de ses départements archéologiques, qui traitent de l’histoire ancienne de toute la Méditerranée. Le département des Arts de l’Islam couvre bien sûr une bonne partie de l’histoire moderne du monde méditerranéen, et les autres départements modernes conservent également des collections provenant de la Méditerranée. Ces recoupements avaient conduit le Louvre et le MuCEM, pour son ouverture, à travailler ensemble, et ont abouti à plusieurs dépôts importants du Louvre au MuCEM. La définition du rapport entre ces deux institutions doit faire l’objet d’une attention particulière, notamment dans le domaine des acquisitions, pour éviter toute concurrence. Le cas du traitement de l’art américain au Louvre pose également la question des interactions avec le musée de Blérancourt. Enfin, le cas particulier de l’Institut du monde arabe, musée ne relevant pas du ministère de la Culture et de la Communication mais dont les collections entretiennent des liens avec celles du Louvre, reste également à soulever. Complémentarités « techniques » Enfin, on peut identifier des complémentarités d’ordre « technique », sur certains types de collections. C’est particulièrement vrai avec la Cité de la céramique et ses deux musées nationaux de Sèvres et de Limoges. Au-delà d’une complémentarité historique liée à l’histoire des manufactures royales, les liens entre le Louvre (spécifiquement les départements des Objets d’arts, des Sculptures et des Arts graphiques) et ces deux musées sont importants et sources de partenariats. Même s’il ne s’agit pas d’un musée, c’est également vrai, dans le même contexte, du Mobilier national, avec qui le Louvre a une longue histoire de dépôts croisés, qui s’exprime jusque dans les nouvelles salles du département ouvertes en 2014. C’est également vrai avec le musée des Arts décoratifs, notamment en ce qui concerne le département des Objets d’arts. La problématique est d’autant plus importante que le musée partage les locaux du palais du Louvre : le renouveau des liens entre le Louvre et les Arts décoratifs devrait donc être une priorité. C’est aussi vrai avec le musée de la Musique, dans son domaine spécifique, de même qu’avec les musées de science (CNAM, Muséum national d’histoire naturelle). Concernant ces derniers, là encore les dépôts sont dans les deux sens, et correspondent à une histoire parallèle, puisque ces trois institutions sont contemporaines en tant qu’institutions scientifiques issues de la Révolution française, et que le Louvre et le Muséum partagent même une histoire plus ancienne encore, autour des collections royales, qui s’expriment notamment par le partage des gemmes royaux. Complémentarités « domaniales » Outre des complémentarités d’ordre scientifique comme celles qui viennent d’être présentées plus haut, se posent des questions d’ordre domanial : le Louvre partage dans plusieurs cas des espaces avec d’autres institutions, soit sur « son» domaine soit sur le leur. Il ne s’agit pas ici de traiter les problématiques techniques relatives à ces espaces, mais de rappeler que ces « voisinages » sont aussi le biais de collaborations et d’échanges. D’une part, parce que le palais du Louvre accueille d’autres institutions (selon des modalités juridiques diverses) : • le musée du quai Branly pour le pavillon des Sessions ; • le musée des Arts décoratifs ; • l’École du Louvre ; • le Centre de recherche et de restauration des musées de France. D’autre part, parce que le domaine des Tuileries que gère le Louvre accueille lui aussi d’autres institutions :
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