louvre
louvre


Vous êtes ici: AccueilPierres dures, gemmes et ivoireCorne à poudre

Corne à poudre

Inde, seconde moitié du XVIIe siècle -XVIIIe siècle

1- Jade, technique kundan : or incrusté de rubis ou spinelles et turquoises
L. 13.6 cm ; l. 5 cm
Musée du Louvre, D.A.I., inv. R 436.

2- Jade, technique kundan : or incrusté de 151 rubis ou spinelles et 13 émeraudes
L. 14,4 cm ; l. : 4,8 cm
Musée du Louvre, D.A.I., inv. R 437

Contrairement à la corne à pulvérin en ivoire MAO 716 qui prend l’allure générale d’un poisson, ces cornes à poudre en jade évoquent des cornes animalières. Leurs parties étroites se terminent par la tête en léger bas-relief d’une espèce d’antilope à cornes annelées.
L’animal évoqué n’est pas exactement le même sur les deux cornes : sur la plus ouvragée, et contrairement à l’autre, il possède de longs bois recourbés vers le bas, ses oreilles remontent légèrement et son menton est garni d’une barbichette se détachant presque en ronde-bosse. Le goût des Moghols pour la représentation la plus proche possible de la nature, si récurrent dans la miniature, se vérifie même sur les objets utilitaires.
Le jade est incrusté de motifs en or et pierres précieuses : rubis pour les yeux des animaux, feuilles d’or et collerette de rubis pour la plus sobre, rubis disposés en fleurs pour la plus chargée. Les émeraudes venaient d’Amérique du sud (Colombie) par l’intermédiaire des Portugais, via le port de Goa. Dans le travail des gemmes, les ateliers royaux employaient, en plus de leurs spécialistes indiens, des joailliers occidentaux. Les gemmes abondaient dans le sous-continent indien et en Birmanie. Elles faisaient partie des cadeaux les plus appréciés à la cour, et celui qui tentait d’obtenir une faveur d’un supérieur pouvait lui en offrir. Le Trésor royal en regorgeait. Ces cornes très raffinées étaient offertes par le souverain à ses officiers les plus méritants, et ceux-ci les arboraient avec fierté lors des parades et cérémonies.

Corne à poudre
Corne à poudre
R. 437
© RMN / Berizzi