Pâte siliceuse, décor peint sur engobe sous glaçure transparente
L. : 57,5 cm ; l. : 31,2 cm ; ép. : 3 cm
Musée du Louvre, acheté en 1895, ancienne collection A. Sorlin-Dorigny
OA 3959/52, OA 3959/53

Ce type d'écoinçons avait pour fonction d'encadrer une niche ménagée dans un mur. L'adaptabilité à la surface est la qualité première de ce type de décor ottoman. Les longues tiges se courbent ou se brisent, la dimension des calices des tulipes décroît au fur et à mesure que l'espace se fait plus étroit. Les notes rouges des roses épanouies ou en boutons répondent aux mouchetures des tulipes, caractère physique d'une espèce de ces fleurs notée en céramique depuis les débuts du rouge. Répondant à la cascade de courbes et de contrecourbes de l'intrados de l'écoinçon l'ascension se fait en deux temps : d'abord par une première touffe, modeste, à l'unique tulipe et aux petits crocus ; puis par une seconde, plus fournie ; le mouvement des tiges des tulipes répond ici à celui de la première tulipe et se trouve contredit par le mouvement de la tige de rose et des crocus. Pour accentuer l'effet de niche et cerner au plus près les tulipes, le céramiste a comblé les angles supérieurs d'une touche de turquoise bornée par les longs lobes divergents des feuilles rumi. Figurent également, de manière très discrète, le répertoire des nuages chinois, qui forment le long de la bordure des motifs d'agrafes ou des boucles sinueuses.