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Par les conditions mêmes de sa création, autour de

la Société des Amis d’Eugène Delacroix, le musée

est un établissement qui s’inscrit dans des réseaux.

Devenu musée national, lié au Louvre, sa nature

communautaire, scientifique, artistique et culturelle

peut être mise au service du plus grand nombre,

au-delà d’un entre-soi qui a longtemps perduré.

Le contexte aujourd’hui y est favorable : le lien avec

le Louvre et ses savoir-faire, la possibilité d’une

réorganisation de l’équipe, une politique de travaux

continue, le renforcement de la Société des Amis du

musée Delacroix, qui sera bientôt reconnue d’utilité

publique, le succès de la page Facebook.

Il convient de profiter de cette dynamique pour

construire des liens, aujourd’hui peu soutenus,

hormis par le biais de contacts personnels, avec

des musées français et étrangers. Le musée

Delacroix doit, ainsi, s’inscrire pleinement dans

la communauté muséale, par ses propres actions,

comme en lien avec la politique nationale et

internationale du Louvre. Des partenariats doivent

être ainsi cherchés et développés.

Par ses caractéristiques, le musée peut s’inscrire

dans plusieurs réseaux d’établissements culturels,

en fonction de critères permettant d’établir des

liens privilégiés :

• liens scientifiques : d’autres institutions présentant

des œuvres du XIX

e

siècle, françaises, européennes,

américaines (musées, fondations…), par des

échanges d’expositions et des partenariats ; le lien

avec le musée d’Orsay, proche scientifiquement

et géographiquement, doit ainsi être favorisé ;

l’appartenance du musée Delacroix au Club 19

serait une opportunité formidable;

• liens statutaires : musées nationaux dédiés aux

artistes duXIX

e

(Hébert, Henner, Rodin et Gustave

Moreau) ; la reconnaissance du musée Delacroix au

sein du réseau du ministère de la Culture, Maisons

des Illustres, sera essentielle ;

• liens historiques ;

• liens thématiques : cabinets de dessins, musées

du XIX

e

siècle de la Ville de Paris (musée de la Vie

romantique, musée Balzac, musée Victor-Hugo)…;

• liens géographiques: avec le musée d’Orsay, les

musées de la Ville de Paris, les maisons d’artistes

(label Maisons des Illustres) ; avec les institutions

culturelles et éducatives, en priorité celles proches du

musée (l’École des beaux-arts, Sciences Po, l’École

des arts décoratifs, le musée du Luxembourg, les

conservatoires du 6

e

arrondissement, etc.). Il convient

ainsi de mettre en valeur le musée Delacroix comme

un musée au cœur de la ville (une convention a ainsi

été signée en 2015 avec la Ville de Paris autour de la

restauration des œuvres de Delacroix à Saint-Sulpice).

En France, une stratégie territoriale est à mener. Elle

pourrait comprendre une politique de prêts fondée

sur la valorisation de la collection - la participation

du musée Delacroix en 2014 au projet du Louvre au

musée Rolin à Autun a été fructueuse; au-delà, il

convient de réfléchir à la coproduction d’expositions

ou à la circulation des expositions dumuséeDelacroix.

Il est également possible de réfléchir à des parcours

croisés avec lesmusées parisiens, à des projets d’édition

- papier et numériques -, à un site Internet partagé.

Parmi ces complémentarités guidées par l’histoire

ou les collections, la situation desmusées oumaisons

monographiques représente un cas très spécifique

pour leurs liens, qui devraient être naturels,

avec le musée Delacroix, en raison de plusieurs

problématiques communes (programmation,

lieu, mémoire de l’artiste). Il faut d’ailleurs noter

que les collections du Louvre, en particulier du

département des Peintures, recoupent pour partie

les artistes de ces musées, ou des collections qui les

ont inspirés, et prennent donc une part importante

dans leur création. Ce projet peut ainsi se construire

en lien étroit avec le département.

Surleplaninternational,laprésencedumuséeDelacroix

reste à construire, à faire rayonner, notamment au

Japon, aux États-Unis, enAllemagne, afin qu’il intègre

pleinement la communauté muséale internationale.

Des partenariats pourraient être utilement tissés en ce

sens, en lien avec le Louvre, notamment en inscrivant

plus activement le musée Delacroix au sein d’un réseau

européen de musées-ateliers, mis en oeuvre avec la

première journée d’études de novembre 2015.

Le succès du développement de la page Facebook

(255 000 followers, le quatrième musée français

dans le domaine), grâce à l’engagement du

community manager du Louvre, illustre les

possibilités de diffusion et de développement de

l’image du musée Delacroix au sein des nouveaux

médias. Il convient de réfléchir à la mise en œuvre

d’une stratégie dans ce domaine, liant site Internet

et réseaux sociaux, en tirant parti de l’image

positive du musée et de sa capacité à tisser des liens

entre différentes communautés d’internautes.

À titre d’exemple, il est nécessaire de penser à la

traduction systématique des posts et messages en

anglais, d’intensifier les événements spécifiques

(une soirée Facebook est organisée annuellement

depuis 2011), de créer des partenariats.

L’importance des réseaux

Label Maisons

des Illustres