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bilan historique et institutionnel

à peu en autarcie, n’offrant pas la possibilité de

bénéficier des atouts considérables du Louvre.

La nomination, en 2008, d’un nouveau directeur,

Christophe Leribault, également conservateur

au département des Arts graphiques du Louvre,

fut l’occasion de concevoir une grande exposition

temporaire annuelle, avec un catalogue. Sous son

impulsion, la politique d’acquisition du musée

Delacroix se développa, grâce au concours des

crédits du musée du Louvre, permettant plusieurs

acquisitions majeures, comme

Roméo et Juliette au

tombeau des Capulet

,

L’Esquisse

d’après Goya ou les

manuscrits de jeunesse de Delacroix.

La décision, en 2012, de désigner un directeur à

plein temps, conservateur au Louvre, établit de

nouveaux liens et une nouvelle organisation. La

réorganisationde 2013désignant lemuséeDelacroix

comme une des directions de l’Établissement

public du Louvre permet de l’associer aux

différentes instances : les réunions de direction, les

Collèges - comme ce fut déjà le cas depuis 2008 -

mais aussi l’ensemble des commissions du Louvre

- programmation, éditions, recherche, restauration.

La création du musée Delacroix s’est donc

faite « en hommage à » Eugène Delacroix ;

la collection du musée est une collection choisie et

non une collection héritée. Le musée se distingue

ainsi des autres musées-ateliers comme le musée

Rodin ou le musée Gustave-Moreau. Seul atelier

d’un très grand artiste, avec celui d’Auguste Rodin

à Meudon, à être conservé tel que son occupant le

conçut, le musée est également un lieu où peut être

célébrée la fidélité à la pensée et à la création du

peintre, telle qu’elle fut mise en œuvre par les plus

grands artistes des années 1920.

Ce retour sur l’histoire du musée permet de

mieux appréhender sa situation actuelle au début

du XXI

e

siècle, et de remettre en perspective les

enjeux qui sont les siens pour les années à venir.

Malgré son morcellement, malgré la nécessité

d’en mieux connaître certains moments, l’histoire

des lieux est d’une grande richesse mémorielle,

garante de développements nouveaux. Transparaît

ainsi, dans un double hommage à Delacroix et

aux fondateurs du musée, la singularité d’une

collection, assemblée non par l’héritage des

propriétés de l’artiste mais par le rassemblement

patient et constant, appelé à se poursuivre, d’œuvres

choisies. Lieu de mémoire, le musée Delacroix est

ainsi, pleinement, un musée.

Le lien entre la plus grande collection de peintures,

la plus importante collection de dessins de l’artiste

et son atelier constitue une chance remarquable

et féconde. La reprise de la médiation au musée

Delacroix se conçoit en réfléchissant à la manière

d’évoquer, dans les salles du musée, la carrière et

la vie du peintre. La présence du musée Delacroix

au sein des salles de peinture française au Louvre

serait de même à développer. Au regard de l’intérêt

très vif que Delacroix porta à l’art de son temps,

cette présence pourrait être, également, envisagée

dans les salles de sculptures - en lien avec les œuvres

de Barye - et d’objets d’art du XIX

e

siècle.

Les relations entre le musée Delacroix et les autres

départements du Louvre sont à créer ; en 2015,

l’exposition annuelle «Delacroix et l’antique » a

associé pour la première fois le département des

Antiquités grecques, étrusques et romaines, la

gypsothèque notamment, au musée.

Le musée Delacroix est aussi un lieu susceptible

d’accueillir des projets des départements duLouvre,

notamment des projets de petite dimension, liés

à la création artistique au XIX

e

et au XX

e

siècle,

ou aux arts du passé. Le penser ainsi, également,

offrirait de lier plus étroitement les équipes et de

renforcer le rayonnement du lieu.

Eugène Delacroix,

Roméo et Juliette au

tombeau des Capulet,

1851