David (Jacques-Louis)
Pendant les premiers mois de son séjour en tant que pensionnaire de l’Académie de France à Rome (1775-1780), d’après son propre témoignage et au regard de son abondante production graphique conservée, David se remit humblement à l’école des maîtres italiens de la Renaissance ou du XVIIe siècle et de l’Antiquité. Giulio Romano (1499-1546), élève de Raphaël, l'influencera tout particulièrement. Dans « les Funérailles de Patrocle », peint à Rome en 1778 et achevé en 1779, les couleurs, des jaunes, citronnés ou ocrés, des violines, des framboises, des bleus tranchants comme l’acier, sont un dernier hommage à Fragonard qu'il avait suivi dans ses débuts. La touche est puissante, empâtée, virtuose et pourtant des zones entières se drapent, dans les ténèbres, d’une concentration de touche nouvelle. Des détails, encore timides, témoignent également de l’étude des bas-reliefs antiques. Mais la composition manifeste surtout la forte prégnance du modèle de Giulio Romano.
Les Funérailles de Patrocle - Huile sur toile - 1779 - Dublin, National Gallery of Ireland (Inv. NGI 4060)
Dublin, Photograph courrtesy of the National Gallery of Ireland


