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L’idéal courtois

Les valeurs chevaleresques exercent une forte influence sur l’esprit et l’art de cour sous Charles VI. La figure du chevalier idéal, présente dans des créations littéraires (Lancelot, la Queste du Graal), pénètre les arts visuels sous l’incarnation des Preux et des Preuses. Ces héros représentent des aïeux glorieux et apparaissent dans les tapisseries (Charles VI possède deux séries de Preux et de Preuses) ainsi que dans le décor sculpté des palais princiers (chez Jean de Berry, Louis d’Orléans). Complémentaire de cette image idéale du chevalier guerrier est celle du chevalier galant, sensible aux prouesses amoureuses. Des concours de poésie sont organisés à la cour et les scènes d’amour sont fréquemment représentées dans les œuvres d’art (ex : la tapisserie de l’Offrande du cœur).

Le pré-humanisme

Plusieurs clercs de l’entourage royal se passionnent pour les manuscrits anciens, la littérature et l’histoire antiques. Jean de Montreuil fait partie de ces humanistes qui contribuent à la redécouverte des auteurs latins, tels Pétrarque, Plaute ou Cicéron et jouent le rôle de mentor auprès des membres de la famille royale. Cet engouement est visible à travers les réflexions présentes dans les manuscrits du début du XVe siècle. De véritables débats de lettrés naissent autour du Roman de la Rose, entre Christine de Pisan et Jean de Meun, dont l’interprétation a influencé bon nombre d’artistes contemporains.

L’offrande du cœur.
Paris, vers 1400-1410.
Tapisserie, laine et soie.
Paris, musée du Louvre,
département des Objets d’art, OA 3131.
© RMN