Maryvonne Cassan, professeur d’histoire des arts mis à disposition au service des activités éducatives et culturelles du musée du Louvre
Vous pouvez retrouver cette séquence dans TDC (Textes et Documents pour la classe), numéro spécial Babylone édité par le SCEREN en partenariat avec le musée du Louvre en mars 2008

Place dans les programmes
En Histoire des arts, en seconde, dans le cadre de la sensibilisation aux œuvres, « une place importante est réservée à la ville ; Il s’agit de construire les méthodes et outils d’investigation tout en assurant le repérage des moments particulièrement forts de l’Antiquité au premières années du XIXe siècle ; l’étude privilégie des phénomènes architecturaux et urbains. » Dans ce cadre, on peut ainsi aborder des productions artistiques des civilisations antiques qui ont constitué une source d’inspiration à travers les siècles : c’est le cas du mythe et des représentations de la tour de Babel.
En Histoire, en seconde dans le chapitre «  Humanisme et Renaissance » on peut aborder une des représentations de la tour de Babel pour évoquer les problèmes religieux du XVIe siècle mais aussi les nouveaux codes artistiques.
En terminale, l’étude de la tour de Babel peut aussi s’insérer dans le programme. Celui-ci fait une large place à la question « Monuments, ville, politique et société au XXe siècle ». Une des entrées pour aborder ce thème est centrée sur « Utopie et grands projets urbains au XXe siècle dans le monde ». On peut donc voir comment le mythe de la tour de Babel a inspiré de nombreux architectes et artistes au XXe siècle.

Objectifs et démarches
La tour de Babel, très présente dans l’iconographie occidentale à partir du Moyen Âge, a nourri l’imaginaire occidental jusqu’à notre époque. Nous avons choisi de centrer le sujet sur une histoire des représentations en privilégiant, sur le temps long, une forme architecturale qui a partie liée avec le religieux mais aussi avec l’utopie urbaine et l’histoire des formes.
Il s’agit de croiser des documents et des œuvres d’art à partir d’un objet singulier et familier : la tour.L’analyse des œuvres et leur mise en relation permettent d’étudier un mythe qui se donne à voir par l’image. On peut montrer à travers le parcours chronologique proposé que l’œuvre d’art est constitutive de l’imaginaire et de la fabrication de sens de ce mythe.
Dès l’Antiquité, la tour qui s’élevait à Babylone a été un objet d’admiration – les Grecs l’ont considérée comme une des merveilles du monde – mais aussi de rejet : elle devint pour les Hébreux le symbole négatif de l’orgueil humain et de la confusion et leur inspira l’un des textes les plus importants de la Genèse. Cette double polarité, attachée aussi au nom de Babylone, se retrouve dans l’histoire de la représentation de la tour.
Le choix du parcours chronologique permet de montrer comment le mythe perdure dans son ambivalence, mais est constamment réactualisé, revisité, récupéré en fonction des périodes. L’analyse des œuvres aidera également à percevoir les transformations artistiques de la représentation et ses enjeux. À cet égard, on peut noter qu’en l’absence de données archéologiques connues jusqu’à la fin du XIXe siècle l’évolution figurative de la tour reflète l’histoire de l’architecture. Ces représentations sont en résonance avec le contexte historique, les techniques de construction et l’esthétique qui les ont vu naître.

En savoir +
BOURETZ Pierre, DE LAUNEY Marc, SCHEFER Jean-Louis. La Tour de Babel. Paris, Desclée de Brouwer, 2003
GLASSNER Jean-Jacques. La Tour de Babylone : Que reste-t-il de la Mésopotamie ? Paris, Seuil, 2003
JACQUES Annie, MOUILLESEAUX Jean-Pierre. Les Architectes de la Liberté. Paris, Gallimard-Jeunesse, 1988 (coll. « Découvertes »).
PEROUSE de MONTCLOS Jean-Marie, Histoire de l’architecture française. De la Renaissance à la Révolution, Mengés, Paris, 1999