Depuis
sa redécouverte il y a près de quatre siècles, la silhouette
élancée et dynamique du Gladiateur Borghèse n'a cessé
d'occuper une place de choix au Panthéon des œuvres que nous
a légué l'Antiquité.
Exhumée lors de fouilles patronnées par le cardinal Borghèse,
cette statue est entrée immédiatement dans ses collections,
avant de rejoindre celle du Louvre. Achetée en 1807, avec le
reste de la collection Borghèse, elle fut alors estimée un quart
de la somme totale ce qui témoigne de son prestige. Le Gladiateur
a toujours occupé une place privilégiée dans les espaces du
musée, considéré comme le symbole d'une Antiquité homérique,
peuplée de héros, d'athlètes et de guerriers.
La renommée du Gladiateur est telle que celui-ci a conservé
à tort sa première appellation après qu'elle eut été infirmée
par tous les spécialistes au XVIIIe siècle : tour à tour considérée
comme un gladiateur, un pugiliste, ou un discobole. Enfin, Winckelmann
a suggéré que la statue était celle d'un guerrier s'étant illustré
dans un acte courageux. En effet, les Grecs, puisque telle est
l'origine de son sculpteur, n'auraient jamais élevé de statue
à un gladiateur. |